Résumé

Portrait de Paul Janet Paul Janet Les causes finales

S’il y a dans l’univers un grand nombre de phénomènes qui ne suggèrent en aucune manière l’idée d’un but, en revanche il en est d’autres, qui, à tort ou à raison, provoquent cette idée impérieusement et infailliblement : tels sont les organes des êtres vivants, et surtout des animaux supérieurs. Pourquoi cette différence ? Qu’y a-t-il de plus dans ce cas que dans le cas précédent ? Si le principe de finalité était universel et nécessaire comme le principe de causalité, ne l’appliquerait-on pas partout comme celui-ci, et avec la même certitude ?
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Portrait de Paul Janet Paul Janet Les causes finales

On signalera par exemple le phénomène de l’instinct, où il est de toute évidence que l’animal poursuit un but, mais sans savoir qu’il en poursuit un, et sans se l’être représenté préalablement dans son imagination, non plus que les moyens, infaillibles cependant, par lesquels il peut l’atteindre. Généralisant cette difficulté, on dira peut-être que, même en s’élevant à la cause première de l’univers, on n’a pas plus de raison de l’imaginer comme une intelligence qui prévoit un effet que comme un instinct qui y tend sûrement, mais aveuglément, par une nécessité intrinsèque.
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Pour toute chose, on demandait au savant non-seulement quelle en est la cause, mais encore quel en est le but, comme s’il était tenu de le savoir ; en lui imposant la recherche des buts, on le détournait de la recherche des causes. C’est là le joug qui est insupportable au savant, parce qu’elle lui ôte la liberté de la recherche. Mais si la finalité, au lieu d’être une loi à priori de l’esprit, est simplement une tendance de la nature, qui empêche les savants d’admettre une telle tendance, puisqu’ils en admettent d’autres non moins incompréhensibles ?
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