Félix Ravaisson

Félix Ravaisson

Résumé

Portrait de Félix Ravaisson Félix Ravaisson Revue des Deux Mondes

Et le fonds, la substance, au contraire, c’est l’Esprit lui-même, dont la nature est de s’entendre et de se posséder. Ce qu’il conçoit au-dessus et au-delà de la Nature, c’est ce qu’il voit en lui, et ce qu’il voit, c’est ce qui est lui-même. « Car l’Esprit n’est pas l’invisible, mais le seul visible. » N’est-il pas temps qu’il renonce enfin à se chercher hors de lui, dans son œuvre, l’idole de la matière inerte, et reconnaisse en lui le principe universel, la substance, l’essence, comme la cause première de toutes choses ?
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Portrait de Félix Ravaisson Félix Ravaisson Revue des Deux Mondes

Or, l’Amour n’est plus, comme la Volonté, l’acte abstrait d’un principe qui se résout d’aller à la fin, encore tout idéale, où il doit réaliser ses puissances ; et par conséquent un simple mode d’une substance. Ce n’est plus même seulement, comme le Désir, un mouvement par lequel le principe, se transformant en sa fin sous l’action immédiate qu’il en reçoit, tend à s’y réaliser incessamment ; c’est la réalité achevée, la perfection, la consommation du Principe, uni à sa Fin, identifié avec elle. Ce n’est plus un mode, c’est la substance de l’ame.
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Portrait de Félix Ravaisson Félix Ravaisson Revue des Deux Mondes

Peut-être que l’intelligence entière, adéquate, n’en est possible qu’en Dieu. Peut-être qu’en ce sens la réflexion qui la cherche « est à l’ame ce que l’asymptote est à la courbe, qu’elle n’atteint que dans l’infini. » Mais dans cet infini elle approche du moins sans cesse de l’âme, ainsi que l’asymptote approche elle-même de la courbe ; elle y prévoit, y prédit comme le terme et l’accomplissement de toute pensée. Et tandis que la science calcule et poursuit la formule, qui n’en reconnaît en soi, qui n’en trouve dans son cœur l’infaillible quoiqu’obscure conscience ?
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