Résumé

Portrait de Paul Janet Paul Janet Une nouvelle phase de la philosophie spiritualiste

Si le moi pose l’univers ou le crée, c’est évidemment sans en avoir conscience, car nul de nous n’a jamais eu conscience d’être le créateur de l’univers. Or un moi dont je n’ai pas conscience, c’est ce que j’appelle un non-moi. Tout ce qui sort du domaine de la conscience sort du domaine du sujet, et, rigoureusement parlant, doit s’appeler un objet. Ce que la philosophie appelle l’être en opposition à la pensée, c’est précisément ce quelque chose d’inconscient, sinon pour soi, du moins pour nous, qui est la cause de l’ordre et de l’existence de l’univers.
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Enfin pour Schelling et pour Hegel, c’est bien la pensée absolue, l’idée absolue, qui est le fond de la réalité. Dans un tel système, il est évident que l’esprit humain, en tant qu’il est limité et circonscrit par la conscience, a parfaitement le droit de s’opposer l’univers comme un non-moi, comme un objet, l’idée ou l’absolu étant précisément ce fondement objectif que nous supposions tout à l’heure à nos sensations.
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Cependant, si loin que l’on pousse l’activité créatrice et la toute-puissance de la liberté, on ne peut aller, sans tout confondre, jusqu’à lui sacrifier l’intelligence. On peut admettre que la liberté crée l’idée du monde ; on ne peut admettre qu’elle crée l’idée de Dieu. La volonté absolue ne peut être antérieure à l’idée absolue, et en généralisa volonté ne peut, sans cesser d’être elle-même, être indépendante de l’intelligence.
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