Résumé

Portrait de Ernest Naville Ernest Naville Revue philosophique de la France et de l’étranger

Nous avons ici le spectacle d’une pensée qui prend son essor sous l’impulsion de l’esprit systématique. L’esprit philosophique ne permet pas ce brusque passage de l’idée des choses matérielles à l’idée de tout ce qui existe ; il ne permet pas de conclure des données d’une seule science à la solution du problème universel. L’esprit philosophique doit préserver de tout éblouissement et mettre toutes choses à leur place, la physique comme le reste. Mettre la physique à sa place, ce n’est pas renoncer à reconnaître les rapports qu’elle soutient avec la philosophie.
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Portrait de Ernest Naville Ernest Naville Revue philosophique de la France et de l’étranger

À une certaine époque du développement de la vie sur le globe, époque dont nous ignorons la date, qui du reste ne nous intéresse ici nullement, il surgit quelque chose de nouveau et d’inouï jusque-là, quelque chose d’incompréhensible comme l’essence de la matière et de la force. Le fil de notre intelligence de la nature, qui remonte jusqu’au temps infini négatif, se rompt, et nous nous trouvons vis-à-vis d’un abîme infranchissable ; en un mot, nous touchons à l’autre limite de notre entendement.
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Dire que nos muscles font effort et que la sensation nous informe de l’effort de nos muscles, c’est confondre deux idées dont l’origine est absolument différente. Nous pouvons avoir conscience par l’intermédiaire de la sensation du travail de nos muscles, soit que ce travail résulte d’un antécédent purement physiologique, soit qu’il résulte d’un acte de volonté. Mais c’est dans ce second cas seulement qu’il y a effort. Le travail est une notion objective qui s’applique légitimement aux muscles, mais il n’en est pas de même de la notion subjective de l’effort.
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