Résumé

Portrait de Émile Meyerson Émile Meyerson La déduction relativiste

Et de même le physicien substituera dans ses calculs, sans le moindre scrupule, une énergie de nature électrique à une autre de nature purement mécanique, tout en restant parfaitement convaincu que ce sont choses fort différentes. Mais quand il s'agit non pas de déductions partielles, sporadiques, limitées, mais d'une déduction embrassant l'ensemble des phénomènes physiques, d'une déduction globale en un mot, la situation n'est plus la même. Car cette déduction, si elle s'opère dans le domaine de la science, ne peut, nous le savons, être que spatiale.
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L'unité de la matière, nous le savons, est une des idées les plus anciennes que l'homme ait conçues en réfléchissant sur la nature. L'unité des forces physiques est nettement impliquée par la supposition que tout n'est que mouvement et se trouve donc, à ce titre, stipulée par le postulat fondamental du mécanisme. La résolution de la matière en espace a été clairement formulée par Descartes et, enfin, la notion de l'hyperespace était tout à fait familière aux géomètres, bien antérieurement au moment où, par Einstein et Minkowski, elle a pénétré dans la physique.
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Mais au fond d'eux-mêmes, inconnu à eux-mêmes, subsistait certainement le désir de l'affirmation contraire. Et la preuve, c'est l'ensemble de l'évolution qui s'est produite ensuite, l'ardeur avec laquelle les démonstrations de l'unité des forces ou de celle de la matière ont été recherchées, l'empressement avec lequel fut accueillie l'affirmation de cette unité, et le triomphe, en dépit de preuves souvent bien peu solides, de ces conceptions. Et c'est, sans aucun doute, le même état d'esprit qui sert grandement la cause de M. Einstein.
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