Le Kremlin agonisant

Résumé

Le Kremlin agonisant Les Écrits nouveaux

La Sainte-Mère la Russie brûle et le feu est immense et les flammes vont à l’infini, de la terre aux cieux. Tintez, tintez, cloches du Kremlin ! Le brasier est sans bornes, la fournaise épouvantable. Les lueurs sont sinistres et partout on entend son crépitement. Accourez preux de Novgorod, leudes de Tver, paladins de Kieff, princes de la Moscovie, accourez, notre Sainte-Mère est à feu et à sang. Rien ne bouge dans la plaine infinie, aucun coursier ne hennit aux quatre coins de la Russie. Les héros dorment en armes sous la terre et aucune plainte n’éveille le silence de leur songe.
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Le Kremlin agonisant Les Écrits nouveaux

La foule est anxieuse. Des moujicks déguenillés, des ouvriers se tassent pêle-mêle dans l’inquiétude de la décision, la sombre silhouette d’un prêtre, d’un pope, se dresse tenant dans ses mains une sainte icône. Oui, le pope ira comme jadis, du temps des Tzars de la Moscovie, implorer le petit père et lui dire que ses serviteurs sont méchants et abusent de son fidèle peuple. Ils se mettent en marche confiants, des coups de fusil les reçoivent.
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Le Kremlin agonisant Les Écrits nouveaux

Époque grandiose où des milliers d’hommes, s’élevant au-dessus de l’ironie, ont sciemment abandonné leur bonheur personnel pour le bonheur de tout un peuple, pour un mirage fugitif peut-être. Abandonnés par leurs frères, par la vie elle-même, sifflés, hués, martyrisés, ils ont expiré dans des cachots infects et ils sont morts dans le silence d’un hiver éternel.
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