Résumé

Fontanier Revue des Deux Mondes

Il ne faudrait pas croire cependant que la Russie ait fait un grand sacrifice en restituant la Valachie et la Moldavie ; ces contrées ont été dévastées par les guerres intestines et étrangères, et par le gouvernement des hospodars cent fois plus oppressif que celui des Turcs. La population y est rare et paresseuse, le sol enfin ne produit que ce que donnent abondamment la Bessarabie, la Crimée et les côtes de la mer d’Azof. Si la Russie eût gardé ces provinces, elle aurait excité la défiance des cabinets européens bien plus disposés à contester son accroissement en Europe qu’en Asie.
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Les Russes ont pris une province fertile ; ils ont intercepté la route commerciale entre la Turquie et la Perse. Devant naviguer seuls sur la mer Caspienne, ils en feront seuls le commerce. Mais ces avantages sont encore peu de chose pour le cabinet de Pétersbourg. Ce qu’il désire aujourd’hui, ce sont les provinces du Guilan et du Mazanderan, ainsi que la forteresse d’Asterabad. Toujours insatiable, il espère, n’en doutons pas, que les Persans ne paieront pas leur contribution de guerre, et alors il aura bientôt un prétexte légitime pour s’emparer de ces vastes contrées.
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L’administration russe si ignorante et si avide dans l’intérieur de l’empire, le fut bien davantage dans ces contrées éloignées ; elle voulut imposer, par la force, ses lois et ses usages ; elle ne fit aucun cas de la différence de religion, de mœurs et d’habitudes ; en vain quelques hauts employés s’efforçaient-ils parfois de ménager les habitans ; les inférieurs ne leur obéissaient pas ; le gouvernement n’était qu’une occupation militaire.
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