Résumé

Portrait de Léon Blum Léon Blum Réflexions sur le Congrès socialiste

Mais il y a un argument plus décisif. On ne chasse qu’un récalcitrant, on n’expulse qu’un rebelle. Or, quelle qu’eût été la résolution du Congrès sur la question qui lui eût tenu le plus chèrement au cœur, je suis certain que M. Jaurès se fût incliné simplement, sans une arrière pensée, sans une rancune. Pour ne pas l’avoir prévu, il faut avoir méconnu cette grande âme confiante et candide, tournée tout entière vers l’avenir.
MM. Guesde et Vaillant ont donc senti rapidement qu’ils avaient conçu une entreprise chimérique. Entreprise chimérique, aujourd’hui, plus chimérique encore demain.
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Il y avait une seconde raison d’union : c’est que tout le monde était ou voulait se dire partisan de l’union. Nous avons même assisté sur ce point, et parfois d’une manière bien imprévue, à une véritable surenchère de bonne volonté. Tout le monde admettait la nécessité d’un Congrès annuel, d’une commission permanente. Personne, en revanche, ne voulait pousser l’unité jusqu’au point où elle absorberait et ferait disparaître dans le parti centralisé les organisations autonomes.
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M. Guesde peut avoir ou avoir eu ses faiblesses. Mais il y a en lui des instincts et des passions sincères. Il est intelligent. Il sait que l’émancipation ouvrière est liée au salut de la République. Il n’eût pas compromis, il ne compromettra jamais, pour un moment d’irritation ou de rancune, l’avenir même du Prolétariat.
Quant à la majorité des délégués, elle sentait, avec plus ou moins de précision, que, si tout n’est pas changé en France depuis que M. Millerand est ministre, il y a néanmoins quelque chose de changé.
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