Étienne Buisson

Résumé

Étienne Buisson La grève générale (1905)

Il parait inadmissible que l'exercice normal du parlementarisme et des moyens légaux puisse un jour aboutir à une dépossession pacifique et que la majorité des non-possédants puisse par un vote direct ou indirect, par l'organe de ses représentants déterminer le retour à la communauté de toutes les propriétés privées. Et il parait encore plus inadmissible que, en cas de grève générale, des hommes qui ont tout à perdre dans la lutte engagée, ne tiennent pas à faire l'épreuve de la force qui leur est opposée, que des possédants abandonnent leurs propriétés sans les avoir défendues pied à pied.
Source : Gallica

Étienne Buisson La grève générale (1905)

Nous sommes loin, on le voit, de cette « révolution légale» par laquelle Briand définissait la grève générale. La formule était évidemment originale, mais elle n'était en réalité qu'un simple jeu de mot. La légalité dont on parle ici en effet n'est que la reconnaissance d'un droit par le Parlement ou par l'État. Tout droit reconnu par la société, ou par ses représentants à une classe de citoyens peut à un certain moment leur être supprimé. Que le droit de grève soit aujourd'hui retiré à la totalité ou à une partie de la classe ouvrière la légalité d'hier deviendra l'illégalité de demain.
Source : Gallica

Étienne Buisson La grève générale (1905)

Le plus important de tous, le plus difficile est celui des subsistances. Et nous touchons là à un des points faibles de la théorie de la grève générale. L'idée de grève générale suppose en effet l'arrêt de tout travail productif pour le capital, et, par conséquent, l'arrêt des transports. Dans de grandes agglomérations d'hommes, la question de la nourriture deviendra donc rapidement, au bout de peu de jours, la question décisive. Arrêter les transports,
c'est empêcher l'arrivée des subsistances tout le monde est affamé, prolétaires et bourgeois.
Source : Gallica

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