Résumé

Portrait de Marie Pape-Carpantier Marie Pape-Carpantier Les Fruits de la douleur ; par Mme Marie Pape-Carpantier (1861)

Il y a six ans, la sépulture de famille s'ouvrit de nouveau, et son autre soeur, la femme de son frère, sa chère Louise, un ange! y descendit, laissant dans la maison un vide effroyable! Stéphanie, le coeur brisé, comprit sa nouvelle tâche, et chargée de sa propre douleur, s'efforça d'alléger le fardeau de ceux et de celui surtout qui souffraient autour d'elle. Combien alors elle fut admirable! A quelle perfection de délicatesse, de tendre et maternelle sollicitude on la vit atteindre! Elle devint l'âme de la maison, âme attentive, vigilante, pensant à tout et à tous, hormis à elle.
Source : Gallica

Portrait de Marie Pape-Carpantier Marie Pape-Carpantier Les Fruits de la douleur ; par Mme Marie Pape-Carpantier (1861)

Cette première épreuve infligée à l'enfant par la nature, et qui n'était que le prélude de celles que lui réservait la destinée, dura un an. Elle laissa Stéphanie dans un état de timidité, de langueur, une espèce d'affaissement général auquel tout le monde se trompa. Elle était si modeste et doutait d'elle-même si sincèrement qu'elle en fit douter les autres. Pénétrée d'une vive tendresse pour sa soeur jumelle, elle vivait et s'absorbait en cette soeur charmante et chérie. On sait quelle est l'union intime, organique de deux jumeaux.
Source : Gallica

Portrait de Marie Pape-Carpantier Marie Pape-Carpantier Les Fruits de la douleur ; par Mme Marie Pape-Carpantier (1861)

Elles se serrèrent plus fort l'une contre l'autre ; elles s'aimèrent, ou du moins, crûrent s'aimer davantage. Elles pensèrent en frissonnant à la possibilité de leur séparation, et tout à la fois la crurent impossible. Pour Stéphanie, sa soeur jumelle était plus que la moitié de son être, c'était son principe même, son moteur, sa vie. Que devint-elle donc quand, quelques mois après, le faisceau se délia encore, et que tout à coup, à dix-neuf ans, Anaïs aussi mourut?... Elle demeura frappée, anéantie comme un corps décapité.
Source : Gallica

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