Monchoisy

Résumé

Monchoisy La nouvelle Cythère (1888)

La vahiné est fille de la mer. Elle nage comme un poisson. Elle aime à se jouer dans l’eau. Le soir, vers cinq heures, des troupes de jeunes filles et de femmes vont se baigner dans la Fautaua, l’une des principales rivières de Tahiti, à une demi-heure de Papeete. Elles se jettent dans le torrent du haut d’une petite roche, plongent et replongent, restent sous l’eau une minute et plus, pour reparaître riant aux éclats. Elles ne sont point chastes, mais elles sont décentes. Dans l’eau, elles n’ont qu’un pareu, et s’arrangent de façon à ce qu’on ne voie que leurs bras fermes et ronds.
Source : Gutenberg

Monchoisy La nouvelle Cythère (1888)

La source de la vie est comme tarie et il semble qu’une condamnation irrévocable pèse sur la race : « Avant peu le pavillon français ne flottera plus aux Gambier que sur des tombes ! » s’écriait un gouverneur, M. Gaulthier de la Richerie.
J’attribuais à la plonge et à l’usage maintenant abandonné des maisons de pierre l’effrayante mortalité qui décime les Mangaréviens. J’y insiste. La plonge soumet l’homme qui s’y livre à des variations considérables et instantanées de température. Le pêcheur de nacre est nu, debout sur le bateau, au grand soleil ; son torse brun ruisselle de sueur.
Source : Gutenberg

Monchoisy La nouvelle Cythère (1888)

La vahiné est vénale sans être cupide. Elle ne se livre pas au premier venu pour échapper à la misère, et ne tient guère à l’argent. La misère est inconnue dans ce pays où, sous un ciel de feu, croissent naturellement les fruits et les racines dont se nourrit l’indigène. La vahiné « fait la fête » pour elle-même, pour le plaisir qu’elle y prend, pour l’ivresse qu’elle y trouve, pour le festin dont elle a sa part et où, parée de son peignoir le plus joli, couronnée de fleurs, elle se gorge de nourriture et de vin, en attendant la danse finale, l’upa-upa par laquelle s’achève l’orgie.
Source : Gutenberg

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