“ On longe ainsi les pittoresques contours de Moorea, hérissée de pics superbes, dont la pointe centrale est percée à jour, Raiatea, l’île Sainte, qui fut le berceau de la royauté indigène, Bora-Bora, dominée par une montagne de mille mètres, puis les îlots Motu-Iti, Mapéta, Tubuai, Manu, anneaux de la chaîne taïtienne tendue à travers ces parages. ”
Moorea
Définition et enjeux
Moorea, île de la Polynésie française, apparaît dans des textes variés comme un lieu à la fois géographique et symbolique. Jules Verne la décrit comme un décor pittoresque, tandis qu’Émile Le Puillon de Boblaye y consacre une étude scientifique des espèces. Ch.
Chalot souligne son rôle économique dans la production de vanille, et Eugène Gallois en fait un territoire légendaire. Ces approches, mêlant littérature, science et économie, révèlent une richesse d’interprétations. Moorea se présente ainsi comme un croisement de connaissances et de récits, liée à des régions comme Tahiti et Bora-Bora, mais aussi à des enjeux transnationaux.
Citations sur “Moorea”
Ch. Chalot, Culture et préparation de la vanille (1920)
“ Après avoir, pendant longtemps, tenu la tête des colonies françaises comme quantité de vanille exportée, notre lointaine possession océanienne est aujourd’hui dépassée par Madagascar dont la production, qui comprend il est vrai aujourd’hui celle des îles Comores, lui est supérieure comme importance. Les principaux centres de culture dans ces îles, sont : Tahiti, Moorea et les Iles sous le vent. ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ Ces deux caps forment une baie spacieuse où la rivière de Sierra-Leone vient se jeter. Le roi du pays fait sa résidence au fond de la baie : les Maures lui donnent le nom de Boréa. Les états du Boréa ou Bourré s’étendent l’espace de quarante lieues dans les terres. Ses revenus consistent dans un tribut d’étoffes de coton, de dents d’éléphans, d’un peu d’or, et dans le pouvoir de vendre ses sujets pour l’esclavage. L’usage des habitans est de s’arracher entièrement les sourcils, quoiqu’ils laissent croître leur barbe, qui est naturellement courte, noire et frisée. ”
S… de D., Revue des Deux Mondes
“ La population que renferme la Morée s’élève, comme je l’ai dit, à deux cent mille âmes au moins. Elle a l’avantage de n’avoir avec ses voisins que le plus petit contact possible ; sa seule frontière est sur un isthme d’une lieue et demie de largeur, que protègent des défilés de la défense la plus facile, puisqu’il ne s’y trouve qu’un seul passage. La Morée forme un tout compacte, et offre à l’industrie de l’homme un champ vaste à exploiter ; ses plaines et ses vallées fertiles nourriraient aisément une population décuple de celle qui s’y trouve aujourd’hui. ”
Eugène Gallois, Voyage autour du monde par l'Océanie… (1903)
“ Enfin c' est Bora-Bora , la perle des perles , terre fantastique entre toutes , avec sa cuirasse de corail ne laissant qu' un défaut , précieuse ouverture permettant aux navires de se glisser dans une superbe rade bien abritée dominée par un morne superbe de plus de 7 0 0 mètres de hauteur . On comprend à cet aspect que l' esprit simple des indigènes ait été vivement impressionné , aussi cette île est -elle le foyer de légendes enveloppées de mystères ; c' est la retraite des génies . ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Il est fort difficile de distinguer les individus de cette espèce venant d'Amérique, de ceux qui sont rapportés du midi de l'Europe et de l'Afrique. On est donc en droit de conclure que cet animal est répandu dans tous les climats chauds en général, avec quelque variation de taille selon la différence de latitude. Les individus recueillis en Morée sont tous d'un vert livide jaunâtre, avec les pattes et les antennes fauves ; la tête et les deux pattes de l'extrémité postérieure sont rousses. Les jeunes sont entièrement verts, avec l'extrémité seulement un peu roussâtre. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Le pied de Rio-Santo, repoussant violemment le coussin, tomba sur le tapis que son talon coupa. — Veillez sur vous, monsieur ! acheva-t-il. — Milord ! milord ! s’écria Moore avec une émotion hypocrite, — en un moment comme celui-ci, une seule parole de bonté m’eût fait votre esclave pour la vie ! L’œil de Rio-Santo ne perdit point son expression de calme supériorité, mais les muscles de sa bouche, involontairement contractés, firent mouvoir légèrement les pointes relevées de sa fine moustache noire. Moore jeta son masque ; il se vit percé à jour jusqu’au fond de l’âme. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ « Ô notre maîtresse Mohra, je ne sais pas, mais je crois que cette image dans l’eau est celle d’un ange ou d’un fils des genn ! Ou peut-être même que la lune est descendue dans le ruisseau ! » À ces paroles de sa suivante, la princesse Mohra sentit le tison de la curiosité étinceler dans son âme ; et le désir de voir par elle-même surgit dans son cœur. Et elle se leva sur ses pieds charmants, et, orgueilleuse à la manière des paons, elle se dirigea vers le ruisseau. Et elle vit l’image de Diamant. Et toute pâle elle devint, et de l’amour elle fut la proie. ”
Le Walter Scott des enfants (1850)
“ Maoroua s'y traîna, et il vit avec joie une source d'eau qui coulait au pied de ce rocher. Il y trempa ses lèvres desséchées et but à longs traits dans le flot limpide. Puis ayant jeté son arme sur le bord du ruisseau, il alla s'asseoir contre le rocher, et l'accablement le plongea bientôt dans un profond sommeil. Tandis que Maoroua se livrait au repos qui lui était si nécessaire, le soleil avait avancé dans sa carrière; il enveloppait le rocher d'une vapeur embrasée dont Maoroua éprou- vait l'influence. ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Les individus de Morée diffèrent des nôtres, outre qu'ils sont de plus grande taille, par le rapprochement de la petite tache médiane des ailes inférieures, qui est beaucoup plus près de la grande ligne noire, et de plus par la bande noire marginale de la partie située entre la tache ocellée ferrugineuse et la queue ”
Le Walter Scott des enfants (1850)
“ Maoroua, homme puissant et fier, exerçait une grande influence sur sa tribu. Jaloux de l'autorité du missionnaire, il avait pris la résolution de la balancer en rétablissant un culte jadis observé chez quelques peuplades, et qui depuis longtemps s'était perdu. La tradition, conservée par quelques vieil- lards, indiquait à Maoroua ce qu'il avait à faire. Un arbre tailladé représenta le génie de l'univers; les productions de la terre furent les dons qu'on lui offrit; la danse et les chants furent son culte. C'était l'orgueil de Maoroua qui venait de ranimer des croyances éteintes. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Moran, fils de Fitilh, lu trembles toujours ; tes craintes multiplient le nombre des ennemis. Peut-être est-ce le roi des montagnes désertes qui vient à mon secours dans les plaines d’Ullin. — Non, dit Moran, c’est Guaran lui-même ; il est aussi haut qu’un rocher de glace ; j’ai vu sa lance, elle est comme un haut sapin ébranché par les vents ; son bouclier est comme la lune qui se lève ”
André Rançon, Dans la Haute-Gambie (1894)
“ En quittant Soukoutola, et, après avoir traversé un vaste marécage, on arrive sur un plateau de latérite de plusieurs kilomètres de longueur où se trouvent de beaux lougans. De ce point à Mouralia, quand on est descendu dans la vallée du Batama, nous n’avons plus que de l’argile dans la plaine et des roches ferrugineuses au pied du Tambaoura. Enfin, autour de Mouralia, nous retrouvons la latérite et les sables aurifères apparaissent ; mais c’est surtout à l’Ouest du village que se trouvent les mines les plus importantes. — La végétation est peu riche et peu variée. ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ La nouvelle capitale de la Morée renferme aussi dans ses murs beaucoup de primats, de démogérontes, de logiotati, nobles créés par les pachas, plusieurs familles de princes nées à l’ombre du croissant ; tous ces gens-là représentent à merveille la vanité du pays, et se donnent pour cela beaucoup de mouvement. ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Mourad, qui ruina Delphe, Ancyre et Naxos, Comme on cueille un fruit mûr, tuait une province ; Il anéantissait le peuple avec le prince, Les temples et les dieux, les rois et les donjons ; L’eau n’a pas plus d’essaims d’insectes dans ses joncs Qu’il n’avait de rois morts et de spectres épiques Volant autour de lui dans les forêts de piques ; Mourad, fils étoilé des sultans triomphants, Ouvrit, l’un après l’autre et vivants, douze enfants Pour trouver dans leur ventre une pomme volée ; Mourad fut magnanime ; il détruisit Élée, Mégare et Famagouste avec l’aide d’Allah ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ Les Grecs de Mesotopos déploraient amèrement leur sort, et nous demandaient, des nouvelles de la Morée. Nous avons fait plusieurs autres courses, soit en suivant les côtes de la mer, soit en nous avançant dans l’intérieur de l’île ; au milieu de la variété des paysages, nous avons partout reconnu des traces de volcans ; nulle part la population n’est en proportion de l’étendue et de la fertilité du pays. L’air y est malsain en beaucoup d’endroits ; la fièvre et même la lèpre y dévorent les habitans dont le nombre ne s’élève pas à soixante mille. ”
André Rançon, Dans la Haute-Gambie (1894)
“ Quand les récoltes sont terminées et que l’on estime que l’or « ne se promène plus », de tous les coins du Diébédougou on accourt à Mouralia. Le nombre des chercheurs peut être évalué à environ un millier, et en peu de temps, sur le terrain même que l’on exploite, s’élève un village en paille beaucoup plus considérable que Mouralia lui-même. Point n’est besoin de dire que ce sont les femmes et les enfants que ce travail regarde. Du reste, dans cet étrange pays, les hommes faits sont créés et mis au monde pour ne rien faire. ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Cette espèce est une des plus connues de la Méditerranée et de l'océan Européen ; elle est très-variable quant à sa couleur, et un peu dans sa forme ; elle reste d'une taille médiocre, et les grands individus ont environ soixante millimètres de longueur. Son analogue fossile se rencontre assez fréquemment en Italie. Mais nous n'avions pas encore vu de variétés qui approchassent de la taille de celle rapportée de la Morée. Les grands individus de cette localité ont quatre-vingt-dix millimètres de longueur et quatre-vingt-cinq de largeur. ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Celle que produit la Morée est une nouvelle à ajouter à celles qui sont déjà connues. L'un et l'autre sexe y ont la partie supérieure du corps d'un vert brunâtre, parcourue transversalement, chez le mâle, dont le ventre est d'un gris argenté, par des raies en zigzag noires; dans la femelle, les flancs seuls portent de ces raies en zigzag, et sur sa région abdominale se trouve répandue une couleur rougâtre, qui varie d'intensité selon les individus, et qui parfois passe à la nuance de la brique. Les murs et les lieux rocailleux des parties chaudes et littorales de la Grèce en sont tout remplis. ”
David Livingstone, Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent… (1877)
“ Notre journée se passe au village de Moyara. Ici la vallée du Lékoné se prolonge vers l'orient presque en droite ligne, et c'est plus au nord-est que nous nous dirigeons..Le pays est rocailleux ; le sol en est formé de sable rouge, couvert de beaux arbres verdoyants et chargés de fruits. Le père de Moyara fut autrefois un chef puissant; mais le fils trône misérablement sur des ruines, ayant tout au plus quatre ou cinq femmes et à peine quelques sujets. Des pieux entourent cette bourgade, et j'en ai compté cinquante-trois qui supportent des crânes humains. ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Cette espèce, très-reconnaissable par sa forme, offre un exemple de ce que nous disions tout à l'heure sur la précédente, c'est-à-dire que, selon les localités, le test devient plus ou moins solide ; en général, les individus de la Morée et du midi de l'Italie sont plus épais que ceux que l'on trouve en France. ”
Henri Frey,
Côte occidentale d'Afrique : vues…
(1890)
“ Aspect d’une escale du Sénégal, au moment de la traite des gommes. Maures qui occupent la partie du Sahara comprise entre le fleuve au sud, les Touaregs à l’est, et le Maroc au nord. De race Berbère, présentant parfois des types remarquables par leur beauté, les Maures ne nous semblent posséder que de bien rares qualités. Par contre, leurs défauts sont nombreux. Rebelle à toute civilisation, possédant à un degré inouï la haine du chrétien et de l’infidèle, le Maure est, d’ordinaire, profondément immoral, fourbe, astucieux, pillard, voleur, cruel à l’occasion et peu hospitalier. ”
Émile Le Puillon de Boblaye, Expédition scientifique de Morée… (1832-1836)
“ Cette espèce est des marais, des ruisseaux et des lagunes de toute l'Europe chaude ou tempérée. Les individus adultes, que la Commission a rapportés de Morée, où l'embouchure de l'Eurotas en est remplie, ainsi que le principal ruisseau de lîle de Tine, ont cela de remarquable, que les stries concentriques de leurs plaques discoïdes sont plus marquées que chez aucun de ceux, également adultes, que nous ayons observés jusqu'ici ; car ces stries, qui sont ordinairement très-apparentes chez les jeunes sujets, s'effacent au fur et à mesure que l'animal grandit. ”
Jean Alexandre C. Buchon, Le livre de la conqueste [de la princée de Morée… (18..)
“ Les Français débarquèrent d'abord à Modon en 1205, puis à KatoAchaia, près de Patras, en 1206. De Modon ils s'étaient avancés, en remontant vers les plaines découvertes de l'ancienne Élide, qui ne commença que vers cette époque à porter le nom de Morée. De KatoAchaia ils se dirigèrent sur le littoral du golfe de Lépante, qui était encore connu sous le nom d'Achaïe, et ces deux noms d'Achaïe et de Morée devinrent par la suite, comme indifféremment, la désignation du titre de la nouvelle principauté. ”
Alexandre-André Duheaume, Souvenirs de la Morée, pour servir à l'histoire de l'expédition française en 1828-1829 (1833)
“ Un très-beau lentisque et un olivier croissent auprès, et plusieurs chaumières sont élevées à quelques centaines de pas. En descendant vers la plaine, j'admire l'heureux choix des châteaux de Morée et de Roumélie, bâtis sur les deux points les plus rapprochés des deux rives : une largeur de 1800 mètres les sépare. Les batteries de leurs extrémités saillantes se croisent et défendent l'entrée du golfe, qui a trente lieues marines d'étendue, et cinq et demie de largeur, de Vostitza a l'échelle de Salone, sujet à des flux périodiques ”
David Livingstone, Dernier journal, abrégé, d'après la traduction de Mme H. Loreau… (1885)
“ DERNIER JOURNAL DE LIVINGSTONE 119 entre la Mandapala et la Caboucoua, mais plus près de l'autre rive. Jamais les indigènes n'ont essayé de traverser le lac au midi de cette île. Je comprends pourquoi ils disent que le Moéro est plus grand que le Tanguégnica : de celui-ci, on voit toujours 1 les deux rivages, tandis que, au sud-ouest des montagnes du Roua, la côte du Moéro est invisible. ”
Eugène Cavaignac, Expédition de Morée (1828-1829…
“ Voilà, ma chère mère, l’histoire de cette fameuse expédition de Morée, déjà terminée sans doute, puisque Patras, — où d’abord la garnison révoltée avait étranglé son chef, — a fini par se rendre, et que des ordres donnés pour se préparer à partir pour Athènes ont été contremandés ce matin, attendu que MM. les ambassadeurs ont décidé que le traité du 6 juillet ne parlait que de la Morée. Qu’allons-nous faire ici? Voilà ce que tout le monde se demande. ”
Jules Leclercq, De Mogador à Biskra : Maroc & Algérie (1881)
“ Il semble que le Maure et l'Européen soit deux contraires. Si l'Européen se lève et se découvre devant une personne qu'il honore, le Maure au contraire reste assis et la tête couverte, et il va même jusqu'à se déchausser pour entrer dans une maison ou dans une mosquée, ce qui chez nous passerait pour fort inconvenant. Nous cédons la droite à nos supérieurs ou à nos aînés, tandis que les Maures cèdent la gauche. Nous nous faisons précéder des visiteurs que nous introduisons chez nous, au contraire des Maures qui ne manquent jamais d'entrer les premiers chez eux. ”
Laurent Jean Baptiste Bérenger-Féraud, Les peuplades de la Sénégambie… (1879)
“ Les Maures ont su par des cruautés inouïes, par des habitudes de rapine révoltantes, par une mauvaise foi séculaire ins- pirer une terreur profonde aux noirs qui répètent à l'envi des dictons tels que celui-ci : Si tu rencontres sur ton chemin un Maure et une vipère, tue d'abord le Maure qui est plus mauvais que le reptile. Mais comme ces dictons ne sont pas une arme bien puissante, ils tâchent dans la pratique de se tenir à l'écart des habitants du désert le plus qu'ils peuvent, sachant par expérience qu'ils n'ont jamais rien à gagner avec eux. ”
R Chudeau, A travers la Mauritanie occidentale… (1909)
“ Puis, la plaine devient régulière, se couvre de plus en plus de végétation et nous apercevons bientôt, devant nous, les petites tentes des tirailleurs du lieutenant Berthomé. Elles sont placées autour d’un arbre assez curieux, désigné par les Maures sous le nom d'Atil (Moerua rigida) , et dont Vincent signale la présence en ces régions, dans la narration de son voyage. Cet arbre, d’environ quatre mètres de hauteur, a le tronc droit et d’environ 0 m. 25 de diamètre. Ses branches extrêmement nombreuses et très dichotomisées, sont couvertes d’épines longues et dures et de nombreuses nodosités. ”
