Pierre Loti,
Le Mariage de Loti
“ Là-bas, en dessous, bien loin de l’Europe, le grand morne de Bora-Bora dressait sa silhouette effrayante, dans le ciel gris et crépusculaire des rêves... ... J’arrivais, porté par un navire noir, qui glissait sans bruit sur la mer inerte, qu’aucun vent ne poussait et qui marchait toujours... Tout près, tout près de la terre, sous des masses noires qui semblaient de grands arbres, le navire toucha la plage de corail et s’arrêta... Il faisait nuit, et je restai là immobile, attendant le jour, — les yeux fixés sur la terre, avec une indéfinissable horreur. ”
