Paul Avenel

Paul Avenel

Résumé

Portrait de Paul Avenel Paul Avenel La Nuit porte conseil (1863)

La colère faillit m'étouffer.
Il souriait avec complaisance, d'une main se caressait la barbe, et de l'autre, avec un sans-façon assez impertinent, se frappait, de la cravache qu'il portait, de petits coups sur la jambe.
Madame Caminiche était assise dans un fauteuil, et, par contenance, tenait un livre sur lequel elle baissait les yeux de temps à autre.
— Madame, disait M. Clarinetti, je bénis le Ciel qui m'a fait vous rencontrer. Vous êtes riche, je le sais, mais abondance de biens ne nuit pas, et j'ai trois millions que je dépose à vos pieds avec mon amour et mon bonheur.
Source : Gallica

Portrait de Paul Avenel Paul Avenel La Nuit porte conseil (1863)

Pour mieux voir ce qui venait ainsi troubler mes méditations poétiques, je m'étais éloigné du chou. Fatalité! je n'eus pas fait deux pas qu'un frisson glacial passa dans mon corps.
J'avais failli être écrasé sous le pied de madame Caminiche; car c'était elle, elle... mais bien vieillie.
Elle était coiffée d'un chapeau de paille et tenait une ombrelle à la main.
En me voyant, elle se mit à pousser des cris comme si le diable l'emportait.
Ce premier moment passé, elle s'éloigna à toutes jambes, et moi bien tristement je regagnai mon trou.
O Clarinetti! Clarinetti! Clarinetti!!!...
Source : Gallica

Portrait de Paul Avenel Paul Avenel La Nuit porte conseil (1863)

Aïe! j'ai les reins brisés, les côtes enfoncées, les jambes cassées... Je suis un homme... non, je ne suis plus un homme. Je fus un homme... et dans vingt-quatre heures mon corps défiguré reposera dans une bière... Ah! du moins que sur mon tombeau on grave pour épitaphe...
— Que parlez-vous de mort, de tombeau, d'épitaphe, articula une voix... mais si douce, mais si caressante, que ce ne pouvait être que celle de madame Caminiche.
Source : Gallica

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