Résumé

Portrait de Paul Jamot Paul Jamot À propos d’un primitif français

Ce n’est pas en Flandre que sont nées les œuvres qui, avec force et originalité, continuent le mieux Claus Sluter et Van Eyck. Qui ne voit en effet combien le triptyque d’Aix, la Pietà de Villeneuve-lès-Avignon et le retable de Boulbon sont plus près de cette conception d’un art grand et simple que les œuvres, – disons les chefs-d’œuvre, – sorties vers le même temps des mains d’artistes authentiquement flamands ?
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Portrait de Paul Jamot Paul Jamot À propos d’un primitif français

Par son génie, il rend à la France autant et plus qu’elle ne lui a prêté. Il n’en est pas moins vrai que Van Eyck est le plus français, ou plutôt le seul francisant des grands peintres de la Flandre au xve siècle. L’art purement flamand, l’art flamand de Flandre, a vite évolué vers un maniérisme tantôt dramatique et pathétique, avec Van der Weyden, tantôt gracieux et précieux, à la mode miniaturiste, avec Memling.
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Au milieu
des malheurs qui avaient affaibli en France la fécondité des artistes, mais n’en avaient pas tari la source, Sluter fait revivre un art qui répond aux aspirations et aux instincts de la race et qui continue vraiment la tradition du xive siècle français. De ce bel arbre planté en Bourgogne par cet homme du Nord francisé, deux rameaux se détachent : l’un remonte vers les Flandres et s’épanouit dans l’admirable génie de Van Eyck ; l’autre descend vers le Midi.
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