Rw. Saint-H…

Résumé

Rw. Saint-H… Revue des Deux Mondes

Cette rumeur, d’abord éloignée, croissait et se rapprochait à chaque instant ; c’étaient à la fois des voix d’hommes, des chants aigus et bizarres, des cris d’enfans et de femmes, des mugissemens d’animaux, etc. Je ne saurais rendre ce qu’avait d’effrayant, le soir, au milieu des longues plaines de la Valachie, cette discordante harmonie, que le vent apportait jusqu’à nous.
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Quant aux mœurs des Bohémiens, cette esquisse les a peintes sous le jour le plus saillant : j’ajouterai seulement que, pendant l’hiver, la tente est remplacée par des tanières qu’ils se creusent dans les montagnes. Entassés comme les marmottes, et passant presque comme elles leur hiver dans un long sommeil que la faim seule interrompt, ils ne quittent guère leurs retraites. Elles présentent, s’il est possible, un spectacle plus hideux encore que leurs tentes, à cause du long séjour qu’ils y font.
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Je me trouvais en Valachie, chez un de mes amis, négociant comme moi, dans un de ces misérables villages composés de cabanes dont le premier venu peut se dire le seigneur s’il possède seulement un cheval proprement harnaché, des vêtemens étrangers et un commerce de quelques piastres. Dans ce pays, soumis d’avance à qui prend la peine de le conquérir, et qui n’a d’autre industrie que celle de tirer le meilleur parti possible de sa servitude, le bâton est le seul lien qui existe entre le maître et l’esclave : l’un commande et frappe, l’autre tend le dos et obéit.
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