Résumé

Victor Barrucand Une partie d'échecs : poème scénique (1889)

BATHILDE.
Il n'a rien dit encore, écoutons-le, mon père.
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HUON DE BORDEAUX.
Sire Yvorins, je sais muer un épervier, Nul ne peut mieux que moi forcer un sanglier ; Lorsque le cerf est pris, je sais corner la prise Et conduire les chiens sans aucune méprise; Je sais jouer ce jeu qu'inventèrent les Grecs Pour charmer leurs loisirs, le noble jeu d'échecs.
YVORINS.
Bon ! je t'arrête là pour en avoir la preuve.
HUON DE BORDEAUX.
Non, laissez-moi poursuivre. Il n'est fille ni veuve
Qui par mes doux propos ne se laisse charmer.
— N'est-ce pas beau savoir que de se faire aimer ?
Source : Gallica

Victor Barrucand Une partie d'échecs : poème scénique (1889)

LE MÉNESTREL,
Mais lui n'accepterait pas.
YVORINS.
Tais-toi. Qu'ai-je besoin de m'alarmer si vite? Ma fille le vaincra ce vilain qui m'irrite, Lors je le chasserai pour le mortifier Et l'apprendre à ne plus désormais s'y fier.
BATHILDE, prenant une tour.
Vassal, vous gagnerez sûrement la défaite, Je crois qu'à votre jeu vous n'avez pas la tête ; Sans peine je vous prends cettte fois une tour Et le fou de la reine aura bientôt son tour. Êtes-vous si lassé de la mortelle vie ?
HUON DE BORDEAUX.
Oui, puisqu'elle n'a rien des bonheurs que j'envie.
Source : Gallica

Victor Barrucand Une partie d'échecs : poème scénique (1889)

C'est le devoir du pauvre de se taire Et sa meilleure excuse est encor le mystère.
BATHILDE, à part.
Doutes nouveaux toujours que chaque instant résoud ! Ma raison le condamne et ma pitié l'absoud, Le charme de sa voix m'attendrit, me courrouce, Et je deviens cruelle en me sentant plus douce Jusqu'à redouter même, avec un vague émoi, Qu'il ne souffre de coeur par d'autres que par moi. En vain je veux railler, forte de ma noblesse, Un pouvoir plus puissant m'humilie et me blesse.
A Huon de Bordeaux.
Source : Gallica

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