Victor Barrucand

Élements biographiques

Victor Barrucand Trimardeur (1922)

Orschanow ne s’attendait pas à cela, qui le remuait au plus profond de son être. Ainsi Polia, si passive toujours, sans même un seul réveil des sens, Polia l’aimait !
En effet, pour elle, avec Dmitri, s’en allait pour toujours le pâle rayon de soleil qui avait pour un instant illuminé l’ombre grise de la vie... Un tel amant, si bon, si doux, qui ne la battait pas, c’était quelque chose de si rare et de si bon, pour elle, la loqueteuse bousculée et méprisée. Et voilà qu’il allait s’en aller !
Mitia, Mitia ! est-il possible que tu vas t’en aller ?
Source : Gutenberg

Victor Barrucand Dans l'ombre chaude de l'Islam (1921)

Je songe à d’autres pantins moins beaux, mus par des ficelles moins solides. J’imagine El-Hassani, tiraillant dans le vide, au milieu d’un cirque d’amateurs européens qui l’applaudiraient, assis sur des banquettes de velours cramoisi, en croquant des friandises, et je songe aussi à ce que me disait Sidi Brahim : je me dis qu’il serait en vérité si simple de partir un jour, avec des hommes comme ceux-là, de promener mon rêve et ma soif d’inconnu à travers les zaouïya du Maroc, à Bou-Dnib, au Tafilala, vers la lointaine Tisint, tout là-bas, à l’entrée du grand désert vide...
Source : Gutenberg

Victor Barrucand Trimardeur (1922)

Les sens apaisés de Véra la troublaient moins déjà, et, au delà des joies souhaitées pourtant de l’amour, Véra aspirait, en lutteuse, à se reconstituer une vie, à retrouver la saine griserie du travail et le calme de l’esprit.
Orschanow, charmé par les aspects souriants des choses nouvelles, se donnait tout entier à la joie du soleil.
Dès l’aube, comme là-bas, à Pétchal, il sortait sur la route et errait, au hasard, entre les champs où les semailles frissonnaient sous le vent léger, entre les haies vives toutes étoilées de fleurs, entre les bois de chênes enchevêtrés de broussailles épaisses.
Source : Gutenberg

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