Victor Barrucand

Trimardeur (1922)

Résumé

Victor Barrucand,  Trimardeur (1922)

“ Orschanow ne s’attendait pas à cela, qui le remuait au plus profond de son être. Ainsi Polia, si passive toujours, sans même un seul réveil des sens, Polia l’aimait !
En effet, pour elle, avec Dmitri, s’en allait pour toujours le pâle rayon de soleil qui avait pour un instant illuminé l’ombre grise de la vie... Un tel amant, si bon, si doux, qui ne la battait pas, c’était quelque chose de si rare et de si bon, pour elle, la loqueteuse bousculée et méprisée. Et voilà qu’il allait s’en aller !
— Mitia, Mitia ! est-il possible que tu vas t’en aller ?
”
Source : Gutenberg

Victor Barrucand,  Trimardeur (1922)

“ Mitia, si tu crois tout ce que la colère te fait dire, tu te trompes. Je suis à toi, quel que tu sois. Je veux plutôt sacrifier tout ce que j’avais rêvé pour nous deux, que de me sentir haïe de toi.
Orschanow l’attira à lui et ils demeurèrent ainsi muets. Ce fut un moment ineffable et amer.
Puis, tout à coup, Orschanow songea que s’il acceptait le sacrifice de Véra, il s’enchaînerait pour toujours, qu’il ne serait plus jamais assez fort pour reprendre sa liberté et que toute leur vie ressemblerait aux jours mortels d’ennui et de révolte qui avaient suivi son retour.
”
Source : Gutenberg

Victor Barrucand,  Trimardeur (1922)

“ Promenez-vous beaucoup, mais ni à Goutouyew, ni à la Siennaya ; allez au soleil, aux îles, dans la banlieue.
Comme Orschanow allait sortir, le vieil Anntone entra.
— Vérotschka ! tu catéchises Orschanow... Mais à quoi bon ? Eh, travailler pour l’affranchissement du peuple, créer des chefs-d’œuvre, contempler le long des routes la splendeur de l’Univers, ou prier Dieu au fond d’un cloître, c’est tout un. Peu importe, pourvu qu’on cherche la lumière avec sincérité et simplicité.
Dmitri Orschanow devait se souvenir toute sa vie de ces paroles du vieux prophète de douceur. Véra se mit à rire.
”
Source : Gutenberg

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