Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire L'Évangile de la raison, ouvrage posthume

Or je dis premièrement, que, si ce pouvoir de mouvoir les esprits suffit pour rendre l’ame libre sur la vertu ou sur le vice, quoiqu’elle ne soit maitresse ni de la nature du cerveau, ni de celle des esprits, pourquoi ne suffira-t-elle pas pour rendre l’ame libre sur le plus ou le moins de connaissances et de lumières naturelles ? Si la nature de mon cerveau et de mes esprits me dispose à la stupidité, le seul pouvoir de diriger le mouvement de mes esprits ne me mettra-t-il pas en état d’avoir, si je veux, beaucoup de discernement et de pénétration ?
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Portrait de Voltaire Voltaire L'Évangile de la raison, ouvrage posthume

Quant à la morale, ce système rend la vertu un pur bonheur, et le vice un pur malheur, il détruit donc toute la vanité et toute la présomption qu’on peut tirer de la vertu, et donne beaucoup de pitié pour les méchans sans inspirer de haine contre eux. Il n’ôte nullement l’espérance de les corriger ; parce qu’à force d’exhortations et d’exemples, on peut mettre dans leur cerveau les dispositions qui les déterminent à la vertu, et c’est ce qui conserve les lois, les peines et les récompenses.
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Portrait de Voltaire Voltaire L'Évangile de la raison, ouvrage posthume

Je suppose un fou qui veut tuer quelqu’un, et qui le tue véritablement. Le mouvement du bras de ce fou est volontaire, c’est-à-dire produit par l’ame, parce qu’elle le veut ; car s’il ne l’était pas, il faudrait que la même disposition matérielle du cerveau qui aurait porté l’ame du fou à vouloir tuer, eût aussi fait couler les esprits dans les nerfs de la manière propre à remuer les bras, et que ce qui l’aurait fait vouloir, eût en même temps exécuté sa volonté, sans que l’ame s’en fût mêlée, n’ayant imprimé aucun mouvement au cerveau.
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