Voltaire,
L'Évangile de la raison, ouvrage posthume
“ Or je dis premièrement, que, si ce pouvoir de mouvoir les esprits suffit pour rendre l’ame libre sur la vertu ou sur le vice, quoiqu’elle ne soit maitresse ni de la nature du cerveau, ni de celle des esprits, pourquoi ne suffira-t-elle pas pour rendre l’ame libre sur le plus ou le moins de connaissances et de lumières naturelles ? Si la nature de mon cerveau et de mes esprits me dispose à la stupidité, le seul pouvoir de diriger le mouvement de mes esprits ne me mettra-t-il pas en état d’avoir, si je veux, beaucoup de discernement et de pénétration ? ”
