Blanche Cazes

Élements biographiques

Blanche Cazes Pour une étoile. Poèmes (1928)

L'asphalte et le pavé couvrent la douce terre Et tout l'or du soleil ne nous est pas resté : Des fils aériens grillagent la lumière Comme pour empêcher nos âmes de monter.
Car la ville est semblable aux mygales voraces Dans leur piège de soie où meurent les oiseaux ; Elle tisse la mort : Cet avion qui passe Ne va-t-il pas se prendre à l'énorme réseau ?
Nature ! quand l'aurore en souriant s'éploie, Rougissant l'églantine ou dorant les épis, Tu frissonnes d'amour, de jeunesse et de joie ; Pour nous, c'est l'heure grise où l'on bat les tapis.
Source : Gallica

Blanche Cazes Pour une étoile. Poèmes (1928)

L'esprit qui toujours vagabonde Et revient toujours plus lassé Ne trouve qu'un bonheur au monde : Le bonheur de ne pas penser.
Alors, comme un reflet d'aurore S'allume et teinte l'Orient,
Voici qu'un espoir brille encore : L'espoir suprême du néant.
Vers quoi se tendront nos envies, Si cette promesse nous ment ? ... La Mort, jumelle de la Vie, A le même rire inclément :
— L'âme jamais ne se délivre,
Dit-elle au coeur qu'elle a tenté Immortel qui ne veux pas vivre, Tu vivras dans l'éternité !
Source : Gallica

Blanche Cazes Pour une étoile. Poèmes (1928)

Un à un, doucement, les stratus embrasés Se fanent comme des rêves réalisés.
La ville semble avoir une âme au crépuscule ; Du mystère descend dans les yeux obscurcis.
Mais le charme s'enfuit dans l'ombre qui recule, Car les lampes déjà s'allument, et voici Le fanal rouge des taxis.
AU SUD
Je n'irai pas vers le désert Où l'été calcine les sables ; Mon coeur en mourrait cet hiver De nostalgie inguérissable.
Je n'y veux pas aller, sachant Que les soirs fleurissent la dune D'amarante au soleil couchant, D'héliotrophe au clair de lune.
Source : Gallica

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