Blanche Cazes, Pour une étoile. Poèmes (1928)
“ L'asphalte et le pavé couvrent la douce terre Et tout l'or du soleil ne nous est pas resté : Des fils aériens grillagent la lumière Comme pour empêcher nos âmes de monter. Car la ville est semblable aux mygales voraces Dans leur piège de soie où meurent les oiseaux ; Elle tisse la mort : Cet avion qui passe Ne va-t-il pas se prendre à l'énorme réseau ? Nature ! quand l'aurore en souriant s'éploie, Rougissant l'églantine ou dorant les épis, Tu frissonnes d'amour, de jeunesse et de joie ; Pour nous, c'est l'heure grise où l'on bat les tapis. ”
