Léopold Dauphin

Élements biographiques

Léopold Dauphin L'âme de mon violon : simple chanson en six couplets (1902)

Puisque l'instant est court, ô dirige ton aile Et ne la laisse pas errer par la venelle Etroite et salissante où tant de mal se plaît A charrier l'ordure et le vice et le laid ; Mène-la par les champs des riants paysages De la sérénité, sous l'envol des nuages
PRELUDE II
Qu'une pitié colore et berce un souffle pur ; Mène-la vers l'Amour! il est, proche l'azur, Au pays de tendresse où sait fleurir sans cesse, Fleur divine, éternelle et de très rare espèce, La Rose, éclose rose, au parfum de bonté, La Rose chère aux coeurs de bonne volonté.
Source : Gallica

Léopold Dauphin L'âme de mon violon : simple chanson en six couplets (1902)

SOURIRAS-TU, Margot! ou verrai-je tes pleurs? Mais non! pourquoi la crainte ici m'envahit-elle? Gardons notre espérance et cueillons-en les fleurs ; Il en reste à foison dans ton jardin fidèle.
Et si vient la vieillesse avec l'âge sournois Poudrant nos fronts de neige et les sculptant de rides, Nous lui raconterons qu'au balcon d'autrefois, Sous la vigne jolie et le ciel bleu splendide,
Nous fîmes le serment de nous aimer toujours ! Et nos cheveux peuvent blanchir tout à leur aise, Qu'importe ! si le temps conserve à notre amour Sa vive couleur rose et son parfum de fraise.
Source : Gallica

Léopold Dauphin L'âme de mon violon : simple chanson en six couplets (1902)

AU BALCON
CE jour que ton avril, au balcon, sous la vigne Qui jusqu'à tes volets grimpe le long du mur, Vint s'incliner vers moi, chère âme, avec ce signe De sa lèvre baisant ses doigts — en plein azur
Le matin se leva comme brille la soie
En zézayant.des mots chuchotés et luisants
Et si doux qu'au verger, dans les nids, une joie
Vint les redire en choeurs doucement caressants.
Et ce fut au jardin de mon coeur tout en fête L'or d'une aurore bleue enflammant l'horizon, Et ce fut ce jour-là que tu me fis poète. O le joli balcon béni de ta maison !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature