Léopold Dauphin

Résumé

Léopold Dauphin L’Âme de mon violon

Rejoindre, en l’infini du temps, ses sœurs, les tiennes,
Les heures d’autrefois, les heures anciennes
Qui, comme toi, volaient dans le vent du matin,
Fières de leur jeunesse et narguant le destin.
Puisque l’instant est court, ô dirige ton aile
Et ne la laisse pas errer par la venelle
Étroite et salissante où tant de mal se plaît
À charrier l’ordure et le vice et le laid ;
Mène-la par les champs des riants paysages
De la sérénité, sous l’envol des nuages
Qu’une pitié colore et berce un souffle pur
Source : Wikisource

Léopold Dauphin L’Âme de mon violon

Des mobiles d’ici — tambours, clairons en tête —
Qui partaient pour le Nord comme pour une fête !
Et je me trouvai lâche et mon sang se glaça...
Que ne suis-je avec eux parti ce beau jour-là !
Mon cœur ignorerait ce vent qui le soufflète
De vivaces regrets depuis que la défaite
Meurtrit notre Pays et de deuils le voila.
Pourquoi n’avoir pas dit : Il en est temps encore,
Ami ! vite, suis-les ; si tu pars, je t’adore !
Mais non, jalousement tu me veux tout à toi ;
Et comme je m’écrie en ma franche détresse :
Honte à qui, un tel jour, ne fait pas ce qu’il doit !
Source : Wikisource

Léopold Dauphin L’Âme de mon violon

Sent l’idéale la fleur dont mes désirs sont fous
Depuis qu’en ton jardin tu leur permis de naître.
Cette fleur — c’est la tienne ! — elle est comme en l’azur
De ma nuit une étoile au scintillement sûr
Guidant le rêve cher éclos de ma jeunesse ;
Au fond de son calice ouvert pour mon baiser
Si je vis d’y mourir — Seule que je connaisse !
Je meurs, extasié, d’y vivre et de l’oser.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature