Arthur de Boissieu

Arthur de Boissieu

Résumé

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu En passant, la première à M. Thiers (1871)

Ce n'est ni un chef de parti ni un chef d'État; pour le premier rôle il lui manque la foi politique, pour le second l'espace et le temps. Tel qu'il est et pour si peu dé temps qu'il soit, le public l'écoute encore, et il rallie, soit de gré soit de force, les intérêts et les ambitions : ceux qui possèdent, ceux qui espèrent et ceux qui craignent.
On le sait trop : la République, en France, meurt du fait de ses partisans. Elle n'a chance de durée qu'à la double condition de convertir ses adversaires et de répudier ses adeptes. Elle personnifie la révolution et s'incarne dans le désordre.
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu En passant, la première à M. Thiers (1871)

Un seul défaut dépare à vrai dire notre édifice découronné, c'est cette fenêtre toujours ouverte par où l'orage entre, l'argent se jette et le bon sens s'en va.
Il serait temps de fermer la fenêtre ; mais nous sommes un peuple léger et volons à tout sujet. C'est en vain que nous avons vu s'accumuler en une seule année des désastres à remplir un siècle. Nous sortons de la guerre étrangère et de la guerre civile, des Prussiens et de la Commune, de la défaite et de l'incendie, à moitié ruinés, mais toujours riches, à demi brûlés, mais toujours folâtres. Paris s'amuse et la province se désennuie.
Source : Gallica

Portrait de Arthur de Boissieu Arthur de Boissieu En passant, la première à M. Thiers (1871)

M. Thiers n'est pas sans excuses, il aimait Paris et dans Paris ses collections et son hôtel. Je ne sais s'il se méfiait du socialisme et de la Commune; mais, en tous cas, si le destin lui ordonnait de combattre le dragon, il voulait être place Saint-Georges.
Le dragon déploya ses ailes! Après les Prussiens, la Commune. La garde nationale s'insurge, l'armée fléchit, Paris se soulève. Il fallut fuir. M. Thiers, en profond tacticien, abandonne la ville pour l'assiéger et quitte les forts pour les reprendre. Il joue au soldat, se croit général, et s'ébat dans l'élément guerrier.
Source : Gallica

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