Chevalier Brondsted

Résumé

Chevalier Brondsted Revue des Deux Mondes

Les mesures malfaisantes au contraire laissent une trace profonde ; elles durent, et leur effet se continue. Ainsi les Grecs, soumis à des barbares, ont désappris graduellement leur belle civilisation ; l’inappréciable avantage qu’ils ont conservé sur leurs oppresseurs, ce n’est pas d’être civilisés, c’est d’être susceptibles de civilisation ; c’est, en un mot, d’avoir l’aptitude à redevenir ce qu’ils ont été.
Mais tout est à faire en Grèce.
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Chevalier Brondsted Revue des Deux Mondes

Un jour, pendant que j’admirais, sur les hauteurs d’Ampelakia, auprès de la vallée de Tempé, la beauté du paysage qui se présentait devant moi, les masses imposantes de l’Olympe et le fleuve qui en baignait le pied, un Grec de l’île de Tino qui était présent, me dit :
« Certes, c’est beau ; mais où est la mer ? Elle est loin d’ici ! »
Le patriotisme des Grecs modernes ne s’est malheureusement pas étendu jusque sur leurs monumens, dont la conservation leur est médiocrement à cœur.
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Chevalier Brondsted Revue des Deux Mondes

Dans une grande cour qui régirait toute la Grèce, la finesse des Grecs dégénérera toujours en ruse et en fourberie ; et sans la publicité de l’administration, sans la liberté de la discussion, enfin sans l’influence des paroles et des actions des individus sur les affaires nationales, le talent se perdra infailliblement dans ce pays. Voilà pourquoi le peuple hellénique, malgré toute la richesse de la nature et l’énergie individuelle, n’a rien produit d’important ni sous les Romains, ni sous les Turcs.
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