Résumé

Portrait de David Hume David Hume XVIII. La Polygamie & le Divorce

Mais l’amitié est une affection plus paisible & plus calme : la raison y préside, l’habitude l’affermit : née d’une longue familiarité & d’obligations réciproques, elle ne connoît ni la jalousie, ni la crainte, ni tous ces accès fiévreux de chaud & de froid, qui font le doux tourment des cœurs que l’amour a subjugués. Une affection aussi sobre gagne à être contrainte, loin d’en souffrir, & ne va jamais plus loin, que lorsqu’un grand intérêt, ou la nécessité même a formé le lien, & a engagé deux personnes à fournir la même carriere.
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Voyons donc lequel des deux doit dominer dans le mariage, si c’est l’amitié ou l’amour. Par-là nous pourrons déterminer si c’est la liberté ou la gêne qui lui convient le mieux.
Les mariages les plus heureux sont assurément ceux où l’amour par un long usage, s’est converti en amitié. Il n’y a qu’un fou qui puisse se figurer des transports & des extases au-delà du premier mois.
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S’il eût essayé la méthode de n’avoir qu’une femme, ou une maîtresse avec peu d’amis & beaucoup de compagnons, il eût trouvé plus, d’agrémens dans la vie. Otez l’amour & l’amitié du monde, il n’y restera rien qui soit digne d’être recherché.
Pour rendre la polygamie odieuse, je n’ai pas besoin de détailler les horribles effets des jalousies, & la contrainte où elles retiennent le beau-sexe dans toutes les régions de l’Orient.
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