Résumé

Portrait de François Noël François Noël Dictionnaire de la fable, ou Mythologie (1801)

Je veux parler de l'iconologie, qu’on pourrait appeler la mythologie moderne, comme la mythologie ancienne n’a souvent été qu’une véritable iconologie. Ce n’est pas que j’aie la prétention de suggérer des idées aux artistes supérieurs : les David, les Girodet, les Gérard, les Guérin, et toute cette brillante école qui reconnaît Vien pour son guide, ont prouvé qu’ils n’étaient pas faits pour marcher à la lisière. Mais si le génie ne se donne pas, il s’échauffe et se féconde par l’étude, la méditation et les exemples
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Portrait de François Noël François Noël Dictionnaire de la fable, ou Mythologie (1801)

Enfin les conceptions d’Homère, les allégories des Apelles, les statues des Phidias, tout tourne au profit de la superstition, amie du merveilleux, et pour qui la peur même est une jouissance ; et l’ignorance des idiomes, la confusion des langues, les calamités de la terre qui forcent l’homme à chercher dans le ciel la consolation qui le fuit et l’espoir d’une vie meilleure, les conquêtes même, les révolutions des empires, en dispersant les hommes et les dieux, viennent chaque jour ajouter un nouvel anneau à la longue chaîne des erreurs de l’espèce humaine.
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Portrait de François Noël François Noël Dictionnaire de la fable, ou Mythologie (1801)

Tantôt c’est la piété filiale qui déifie un père ravi à ses regrets ; tantôt c’est la désolation maternelle qui fait un dieu du fils auquel la nature n’a pas permis de devenir un homme. Ailleurs c’est un père, frappé dans sa jeune postérité, qui invoque en elle, comme Quintilien, les dieux de sa douleur, numina doloris ; plus loin, l’Amour éploré prend pour objet de son culte l’être aimable et sensible qui fut celui de son idolâtrie.
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