Joseph Méry

Joseph Méry

Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le climat de Paris

C’est encore à la faute de Pharamond que nous devons une terrible épidémie qui a désolé Paris pendant dix ans, l’épidémie des poëmes épiques sous le règne de Napoléon. Les poètes, race frileuse, emprisonnés chez eux par un climat geôlier, charmaient les ennuis de leur réclusion en embouchant la trompette héroïque. On fait une idylle, une ode, un sonnet en se promenant ; mais il faut au moins trois ans de travaux forcés pour accomplir dignement un poëme épique ; et l’on trompe la perfidie de trois hivers.
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Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le climat de Paris

Aujourd’hui, avec notre confortable de rues et de maisons, notre Paris perfectionné, notre pâte Regnault, nos passages couverts, nos vingt théâtres, nos bals, nos amusements infinis, on peut se coiffer à sa guise et laisser vivre les Italiens au delà des monts ; mais n’oublions point qu’il a fallu attendre quatorze siècles pour obtenir ce beau résultat.
La faute originelle de Pharamond a exercé aussi une singulière influence sur notre littérature.
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Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Le climat de Paris

Par l’effet de ces trames italiennes, le cardinal Mazarini, né à Rome, se créa roi de France sous Louis XIV, et son premier soin fut d’éteindre la manie des guerres au delà des monts. Pour suppléer à cette puissante guérison traditionnelle, Mazarini inventa les incommensurables perruques du grand siècle. Le règne de Clodion fut effacé. On se figure aisément l’hilarité intérieure du railleur et perfide Italien, lorsqu’il vit pour la première fois son idée se développer, avec une ampleur extravagante, sur les cerveaux du roi et des courtisans.
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