Résumé

Jules Rasset L'Arche de Noé, à MM. de Béranger… (1848)

La hiène s'agite, se tourmente, hérisse son poil, lèche sa mâchoire ensanglantée, souffle la terreur, gratte le plancher et flaire les cadavres qui heurtent la carène.
Enfin, dans un coin reculé, un oiseau de triste mine, au plumage déguenillé, aiguise son bec, huile ses plumes, étend ses ailes majestueusement, les replie et se remet à huiler ses plumes.
Tous attendent la curée, tous veulent la plus grosse part; les hurlements, les cris se font entendre; tous se remuent, se pressent, se mordent, se déchirent.... le lion croise ses pattes.
Source : Gallica

Jules Rasset L'Arche de Noé, à MM. de Béranger… (1848)

La hiène se dresse tout-à-coup sur ses pattes de derrière ; ses satellites se lèvent aussi ; tous crient, hurlent, rugissent.
LA BELETTE. — Vous, grand aigle, qui deux fois avez perdu vos plumes contre un simple coq (bravo) . Le tumulte est à son comble, les oiseaux sautent au plafond, mille gueules béantes font trembler l'arche de leurs rugissements.
LA HIÈNE. Il n'y a plus de cygne.
LA BILLETTE. Pardon. Dans un déluge, un cygne peut trouver son salut.
Source : Gallica

Jules Rasset L'Arche de Noé, à MM. de Béranger… (1848)

A ces mots, il se fait un grand silence : les appétits se taisent, une noble ambition enflamme tous les coeurs, tous les yeux se regardent. Le lion bâille, étend ses pattes, découvre ses griffes et l'arsenal de sa gueule redoutable; la belette minaude, la hiène lèche ses barbes, et l'oiseau huile ses plumes. Peu à peu le calme se fond en une sorte de fourmillement : les pucerons, les mites, ceux sur lesquels l'oeil ne saurait se fixer pour un choix si glorieux, trottinent, se traînent, se groupent auprès de leurs candidats
Source : Gallica

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