“ Pour ce qui est du bon marché, créé, dit-on, par la concurrence, que représente-t-il ? Des économies faites sur la main-d’œuvre ou résultant de l’emploi d’une machine nouvelle. Le bon marché ne donne donc aux consommateurs aisés que ce qu’il a enlevé aux producteurs pauvres. Le bon marché correspond toujours, sous l’empire de la concurrence, qui en fait un moyen de lutte, ou à une diminution générale des salaires ou à l’exercice meurtrier d’un monopole. De sorte que ce qui est un progrès pour les uns, devient, pour les autres, un surcroît de misère. ”
Louis Blanc
Résumé
Revue du progrès, publiée par Louis Blanc, est un texte fondateur du socialisme français qui dénonce les injustices sociales et les ravages du capitalisme. À travers des analyses percutantes sur la concurrence, la détresse des ouvriers et les contradictions du système économique, l’auteur met en lumière l’exploitation des travailleurs et la déshumanisation imposée par les capitalistes.
En s’appuyant sur des exemples concrets de la misère industrielle, Blanc plaidonne pour l’association des citoyens, l’éducation du peuple et une répartition équitable des richesses. Son appel à la fraternité et à la solidarité reste un pilier central de son œuvre, démontrant sa conviction que le progrès ne peut naître que d’une harmonie entre les intérêts individuels et collectifs.
Citations de Revue du progrès (Louis Blanc)
“ Mœurs, civilisation, richesse, influence, gouvernement, la France doit à tous ces hommes ; nos enfants devront tout peut-être à ceux qui viendront après eux. Le patrimoine éternel et inépuisable de la France, c’est son intelligence ; en en livrant la généreuse part à l’humanité, en s’en réservant à elle-même cette part glorieuse, qui fait son caractère entre tous les peuples, le moment n’était-il pas venu d’en constituer en propriété personnelle cette part utile qui fait la dignité des lettres, l’indépendance de l’écrivain, le patrimoine de la famille et la rétribution de l’État ? ”
“ L’esclave, c’est le pauvre qu’on punit pour avoir tendu la main à la pitié du riche ; c’est l’homme sans asile qu’on arrête pour s’être appuyé sur la borne. L’esclave, c’est le malheureux que la faim condamne au vol, en attendant que la société le condamne au bagne. L’esclave, c’est le père qui envoie son jeune fils respirer l’air des filatures malsaines ; c’est le fils qui envoie son vieux père mourir à l’Hôtel-Dieu. L’esclave, c’est l’enfant du pauvre, qui entre dans un atelier à six ans ; c’est la fille du pauvre, qui à seize ans se prostitue. ”
