Résumé

Portrait de Louise Colet Louise Colet La Jeunesse de Goethe

Oh ! parle ! est-ce bien toi, Charlotte ?Moi qui t’aime !
SCHLEGEL.
Allons, le dénoûment est digne du poème.
GOËTHE.
Oh ! Charlotte ! pardonne à mon délire ! Hélas !
Et moi qui t’insultais !
CHARLOTTE.
Et moi qui t’insultais !Je ne m’en souviens pas.
Tu m’aimais ! et, vois-tu, c’est tout pour une femme !
L’orgueil, c’est pour le monde, et l’amour, c’est pour l’ame.
TRUMAN.
Je le savais, le vin est un bon conseiller.
Se versant à boire.
Avec ce vin je veux me réconcilier.
MARGUERITE, de la porte.
Mon père, maintenant puis-je venir ?
LAVATER, avec étonnement.
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Portrait de Louise Colet Louise Colet La Jeunesse de Goethe

Goëthe, ce sentiment est plus vrai que la gloire.
GOËTHE.
Ami, ton cœur est bon ; mais il n’a pas souffert.
LAVATER.
Le livre du malheur me serait-il ouvert,
Si je n’y lisais pas avec les yeux de l’ame ?
Je t’ai compris... Tu fus trahi par une femme.
GOËTHE.
Par une femme !... oh ! non, par un ange !... Vois-tu,
En perdant son amour, j’ai perdu 1a vertu ;
Quand la foi dans le bien par le malheur s’expie,
On doute de Dieu même, et l’on devient impie !...
Oh ! ne réveille pas ce souvenir amer !
Il me tue ; et pourtant, je l’avoue, il m’est cher.
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Portrait de Louise Colet Louise Colet La Jeunesse de Goethe

Aujourd’hui ce jeune homme, ami, c’est un grand homme ;
Oui, celui qui m’aima, celui qui m’est si cher,
C’est Goëthe, c’est l’auteur de Faust et de Werther.
TRUMAN.
Werther... mais je connais ce nom-là ; c’est un livre
Tout de feu, qui nous brûle au cœur et nous enivre
Comme du Kirsch-wasser ; oh ! je puis m’en vanter
J’ai bien senti cela !
CHARLOTTE.
J’ai bien senti cela !Celle qu’aima Werther ;
Celle qu’il peint si pure en ses pages de flamme,
C’est moi... moi qui l’aimais et qui brisai son ame.
TRUMAN.
Mais, c’est juste ! c’est vous ; elle a le même nom :
Charlotte !...
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