Lucien Descaves

Lucien Descaves

Flingot (1907)

Résumé

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  Flingot (1907)

“ Dans la beauté du jour et la douceur de l'air, les décharges éclataient, mêlant à la joie de vivre, l'ivresse de mourir.
Le père Thiébault avait mis ses enfants à l'abri dans la cave de l'institution ; quant à lui, délaissant son appartement de l'avenue d'Orléans, il allait et venait, agité, à travers l'orphelinat, fumant pipe sur pipe et pointant derrière les carreaux l'inoffensif zouave Jacob vers l'église de Montrouge, pareille à une énorme cocotte non pas en papier, mais en pierre, qui risquait à chaque instant d'être décapitée.
”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  Flingot (1907)

“ Mais il eut l'imprudence de répéter à ses compagnons la confidence qu'il avait faite au père Thiébault, et aussitôt tout changea. Des haines confuses, instinctives, se réveillèrent, comme par enchantement, dans l'esprit et dans le cœur de ces gamins. Ils semblèrent avoir d'anciennes revanches à prendre, et ils les prirent, à défaut du père, sur le fils. Ils n'appelèrent plus Flingot que Sergot et l'humilièrent dans leurs propos et dans leurs jeux. Ils abusèrent du nombre et de la force. ”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  Flingot (1907)

“ Vers quatre heures de l' après-midi, le 114e de ligne, arrivant par la chaussée du Maine et la rue du Chemin-Vert, attaqua la terrible barricade, et le feu, des deux côtés, redoubla. Le combat dura une heure environ. Les orphelins Thiébault, comme on les nommait dans le quartier, du fond de leur cachette, entendaient les détonations et n'en éprouvaient, d'ailleurs, aucune émotion, habitués qu'ils avaient été par le bombardement des Prussiens, à ce fracas de tonnerres. Ils s'en amusaient plutôt. ”
Source : Gallica

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