Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Les Révolutionnaires

Il m’a toujours paru étrange et même impoli de se rappeler de soi-même en parlant de l’amour pour un autre et de sentir qu’on ne peut pas avouer que c’est mal rédigé, que cette comparaison est semblable à une petite fente dans la cloche pneumatique. Dès que cette fente existe on ne peut plus faire le vide dans la cloche. Il me paraît que le problème de la vie et toute la grandeur de la doctrine morale, c’est précisément d’aspirer de l’âme humaine, comme de la cloche de la machine pneumatique, tout son souffle d’égoïsme.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Les Révolutionnaires

Quelle ressemblance y a-t-il entre le premier et le deuxième commandement si on ordonne dans le premier le dévouement absolu à Dieu, si on ordonne de l’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa raison ; alors pour l’amour de soi-même, il n’y a plus de place, une fois que toute l’âme et tout le cœur sont donnés à Dieu. Comment donc peut-il se faire que le deuxième commandement devienne tout d’un coup semblable au premier, et dise que l’amour du prochain doit égaler l’amour de soi-même.
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Ce péché, quelque étrange et terrible que ce soit à dire, c’est l’amour du prochain. Oui, cet amour abstrait, impersonnel, pour les hommes qui vivent ici-bas, quelque part au loin et qui nous attirent du doigt : « Venez, ayez pitié de nous ! » Nous nous élançons de toute notre âme vers ces hommes, nous souffrons, et ils nous paraissent si charmants et si bons ! Nous serions prêts à leur donner tout. Ces hommes lointains c’est notre vie, et nous éprouvons une grande jouissance à la proximité du bonheur moral.
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