Mme Calmon

Résumé

Mme Calmon Le Correspondant

Découragé, redevenu maître de lui-même, pourquoi ne se retournerait-il pas alors vers moi pour qui il avait déjà de l’amitié, de la confiance ? Une chose me tourmentait : c’était l’idée du tort que je faisais à Marguerite, mondainement parlant, en la privant de ce brillant mariage. Chose étrange ! cela me semblait plus coupable que de lui enlever une affection qui lui appartenait indûment, me semblait-il, tant l’amour s’imagine avoir des droits à l’amour. Passionnément éprise d’Armand, conquérir son cœur à tout prix me paraissait presque mon droit.
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Mme Calmon Le Correspondant

Je saurai m’effacer ; son bonheur sera ma consolation. Qu’elle ne regrette rien, je le désire de toute mon âme.
— Que vous êtes généreux, mon pauvre Armand.
— Non, j’aime véritablement, voilà tout. Si je l’aimais moins ou mal, je songerais avant tout à moi-même au lieu de songer à elle, car il y a deux amours, j’en suis certain, et de celui qui ne cherche que sa propre satisfaction je ne veux pas. Il y a des joies infinies dans le dévouement, dans l’oubli de soi. Je ne sacrifie rien, à bien prendre, puisqu’elle n’a pas d’affection pour moi
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Mme Calmon Le Correspondant

Vous avez assez de tact, assez de finesse pour approfondir la question sans la poser absolument, et si vous jugez bon de la poser, vous le ferez assez discrètement pour n’exercer aucune pression. Vous saurez démêler la vérité sans qu’on la formule et me transmettre dans toute sa justesse votre impression. C’est parce que je suis sûr de tout cela et aussi parce que j’ai une absolue confiance dans votre affectueux intérêt, dans votre amitié dévouée, que j’ai songé à m’adresser à vous.
— Je vous en remercie, Armand, mais c’est une grande responsabilité pour moi.
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