Marcelle Tinayre

Marcelle Tinayre

Résumé

Portrait de Marcelle Tinayre Marcelle Tinayre L’Ombre de l’amour

Elle rougit violemment, étonnée de sa hardiesse, mais la phrase audacieuse partait déjà :
— Vous, mademoiselle Denise, on ne vous querelle point... et pourtant vous n’êtes pas mariée.
Un son de cloche, très lent, très clair, tomba dans le silence, entre les deux jeunes filles : Fortunade fit un signe de croix et murmura l’Ave, d’une voix humble. Mademoiselle Cayrol continuait de coudre, la tête baissée...
Elle dit enfin :
— Ce n’est pas la même chose. Chacun a des devoirs différents. Qui soignerait mon père, qui le réconforterait si je quittais la maison ? Ma tâche est là, ma vie est là...
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Portrait de Marcelle Tinayre Marcelle Tinayre L’Ombre de l’amour

Je vois que vous êtes ce qu’il y a de meilleur à Monadouze, une demoiselle au-dessus de toutes les autres par l’esprit et par la bonté... Mais comment cela peut-il se faire, puisque vous n’allez pas à l’église et ne priez pas le bon Dieu ? Monsieur le curé lui-même vous respecte. Il a dit, un jour, à madame la baronne de Saint-Dumine : « Mademoiselle Cayrol ne va pas à la messe ; mais elle a été élevée au couvent, sa pauvre mère était fort pieuse, et, malgré le docteur et les mauvais livres, mademoiselle Denise a le cœur chrétien... »
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