Michel Revon

Michel Revon

Résumé

Portrait de Michel Revon Michel Revon ÉPOQUE DE HÉIAN

Les Japonais, avec leur délicat symbolisme, comparent volontiers Mouraçaki Shikibou à une fleur de prunier, chaste, culée, Sei Shônagon à une fleur de cerisier, plus jolie, moins belle et d’une teinte rosée moins pure. Si nous traduisons ces poétiques images par des faits, nous constatons, à la vérité, que Mouraçaki Shikibou eut une conduite irréprochable, tandis que Sei Shônagon, d’allures plus libres, parait bien avoir connu l’amour sans s’être jamais mariée.
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Nous observons aussi, chez Mouraçaki, une élévation d’idées et de sentiments, une douceur de caractère, une indulgence surtout qu’ignorèrent toujours les victimes de Sei Shônagon, moqueuse, provocante, inexorable à toute sottise qui passait, vaniteuse à l’excès de cette merveilleuse présence d’esprit qui étonnait son entourage, mais dont elle tirait trop souvent des traits blessants pour les plus estimables dignitaires de la cour. Il est toujours bon de faire de l’esprit, excepté sur le dos des autres ; or Sei Shônagon trouvait un certain plaisir à ennuyer son prochain.
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Mais, plus simplement, un très grand froid : vivement, on allume le feu, et on de là à prétendre (p. 229) que ce serait peine perdue de traduire ou même d’analyser un ouvrage qui veut qu’on écoute parler l’auteur lui-même, il y a une certaine distance. Assurément, il n’est pas plus commode de rendre en français le style de Sei Shônagon qu’il ne serait de faire passer en japonais les phrases savantes de La Bruyère.
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