Résumé

Portrait de Taxile Delord Taxile Delord La Semaine de l’ouvrière

Le contre-maître m’attendait à la porte de la maison. Je ne sais si le souvenir de Marie en était cause, mais je trouvai sur sa physionomie un air de fausseté repoussante. Il me dit d’une voix caressante :
« Ne vous effrayez pas de la nouvelle que vous avez apprise ce matin, le chômage ne sera pas de longue durée ; d’ailleurs je pourvoirai à tous vos besoins, comme n’eût pas manqué de le faire celle qui est partie. Dans peu vous quitterez cette vilaine maison. En attendant, prenez ceci jusqu’à dimanche. »
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Les pauvres gens qui m’ont élevée ne peuvent plus garder une apprentie. Les affaires vont mal, il faut qu’ils nourrissent leurs enfants ; ils m’ont mis un métier entre les mains, comme ils disent, je suis d’âge à gagner ma vie. Allons ! je la gagnerai. Le messager m’emmènera ce soir, il m’a promis une place dans sa carriole ; c’est un si brave homme, et il m’a vue si petite.
Aujourd’hui je ne suis qu’une enfant, demain je serai une ouvrière. Ils manquent de bras à la ville, la grande filature a repris ses travaux
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Tu commenceras aujourd’hui ta lutte contre la misère ; pauvre enfant, que je te plains !
— Rassurez-vous, lui répondis-je, je retourne dimanche au village. Mais vous ? »
Elle se mit à sourire amèrement.
« Moi, je demanderai l’aumône et l’on me mettra en prison ; au moins je trouverai de quoi vivre sans me souiller comme tant d’autres. En échappant à la misère, tu échappes aussi à la honte. Bénis deux fois le ciel. »
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