Résumé

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Le Fardeau de la Liberté

Ah ! que ne suis-je riche, pour venir en aide au pauvre que je suis ! (Il s’asseoit sur un banc.) Ce qui m’ennuie surtout, c’est la question du couchage. J’ai quitté depuis quatre jours ce petit hôtel meublé que voici. Nous n’avions pas les mêmes idées la patronne et moi, sur les dates de paiement. C’est toujours ces questions là qui finissent par brouiller les gens. Ah ! quelle rosse que ce patron d’hôtel. Comme il m’a humilié ! Il n’a eu aucune considération pour moi. Les gens sont comme ça avec moi. Ah ! que les hommes sont méchants de ne pas m’aimer autant que je m’aime.
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Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Le Fardeau de la Liberté

DEUXIÈME AGENT La légion.
(Ils s’éloignent.)
PREMIER AGENT C’est un vieux serviteur de la patrie. Il a dû faire campagne, ce vieux-là. Il a versé son sang sur les champs de bataille.
DEUXIÈME AGENT Et le voilà dans la purée.
(Après réflexion :) C’est une belle chose tout de même que la légion.
PREMIER AGENT Oui, ça fait rudement bien sur une tunique. Ah, c’est une belle affaire, que ce ruban rouge !
DEUXIÈME AGENT Oui, mais y en a bien qui l’ont eu pour de l’argent.
PREMIER AGENT Hé bien, ça prouve que c’est des gars qui ont de l’argent.
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Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Le Fardeau de la Liberté

REQUIN Convenez que la société est bien injuste pour nous. Je vous en parle à vous, car je vois que, malgré votre costume, vous êtes un garçon comme il faut. Quel mal est-ce que nous faisons ? Est-ce un crime de vendre de vieux habits ?
CHAMBOLIN Ne faites-vous que ça, monsieur Requin ? Ne vous arrive-t-il pas quelquefois, quand l’occasion s’en présente, de prêter de l’argent à des fils de bonne famille ?
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