André Dumas

Élements biographiques

André Dumas,  L'éternelle présence : nocturne en un acte… (1917)

“ Pardon, maman. C'est moi.
LA MÈRE, comme dans an rêve, doutant encore.
Toi, mon fils!.
Elle tend les bras, hésite, ne pouvant croire.
LE FILS, avec une infinie tendreue..
Oui, la nuit, dans l'immense mystère De cette heure où les cieux semblent un peu plus près, A ceux qui comme nous s'aimèrent sur la terre Dieu permet quelquefois des rendez-vous secrets.
Car c'est un grand secret que l'homme heureux ignore, Mais quand tout dort, que tous les bruits sont assoupis,
Plus d'une qui pleurait a pu surprendre encore Le pas du bien-aimé glissant sur le tapis.
”
Source : Gallica

André Dumas,  Revue des Deux Mondes

“ Songeons que le jour fuit, songeons que l’heure est brève.
Ecoutons en tremblant l’automne s’éloigner.
Chaque instant qui s’envole emporte un peu de rêve.
Chaque serment d’amour peut être le dernier,
Mais, si déjà l’hiver frissonne dans l’espace,
Si, ce soir, le parfum des fleurs doit s’épuiser,
Pour préciser au moins la minute qui passe
Unissons nos deux cœurs en un dernier baiser.
Fixons à tout jamais cette heure enchanteresse,
Cette heure grave et lente, impossible à saisir,
Où l’automne qui meurt prête à notre tendresse
La subtile douceur de ce qui va mourir.
”
Source : Wikisource

André Dumas,  Revue des Deux Mondes

“ Les femmes, que la nuit effare, ont mieux compris
Qu’il fait bon être deux dans la chambre bien chaude,
Et guettent en tremblant le retour des maris.
Dès qu’ils auront quitté l’usine ou la charrue,
Vers la demeure aimée ils hâteront le pas.
Ils ne flâneront pas à causer dans la rue ;
Le cabaret, ce soir, ne les retiendra pas.
Ils songent que là-bas s’inquiètent les femmes.
Car la fin de l’automne et le jour qui finit,
Par ces retours d’hiver, éveillent dans les âmes
Un instinctif besoin de se blottir au nid.
”
Source : Wikisource

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