Anne Marie Caroline Eugène Hautefeuille

Élements biographiques

Anne Marie Caroline Eugène Hautefeuille Malheur et sensibilité, par Mme la comtesse Eugène d'Hautefeuille (1859)

Qu'un peu de bienveillance pour ta jeune et malheureuse compagne rentre donc dans ton âme, et si sa course doit être abrégée, ce que d'affreuses souffrances ne lui indiquent que trop, que ton coeur s'attendrisse au souvenir de l'infortunée que tu laissas sans appui sur la terre !
Le malheur, comme la rouille qui s'attache aux métaux les plus durs et les ronge en silence, a tout détruit en moi. Résignation, courage, espérance, tout a fui ; il me semble que Dieu lui-même m'abandonne. En vain on me dit : Rappelez votre énergie, imposez silence à vos regrets, soyez plus forte que la douleur !...
Source : Gallica

Anne Marie Caroline Eugène Hautefeuille Malheur et sensibilité, par Mme la comtesse Eugène d'Hautefeuille (1859)

Mais si le coeur du prêtre se rouvrait au sentiment du devoir, si ma plainte allait retentir là où elle pénétrait jadis, si la peinture de mes affreuses souffrances me faisait retrouver un ami! Pauvre Nathalie, tu dors dans ta douleur et son rêve t'égare ! ce n'est point au partage des peines que de nos jours l'amitié se dévoue, oh! non, la plus sainte s'éloigne lorsqu'il s'agit de remplir cette mission sacrée. —Nathalie, tu avais besoin d'un autre, mais un autre avait-il besoin de toi? Quand la branche est rompue, ce n'est pas l'arbre qui meurt, c'est le rameau !
Source : Gallica

Anne Marie Caroline Eugène Hautefeuille Malheur et sensibilité, par Mme la comtesse Eugène d'Hautefeuille (1859)

Edmond, malheureux et coupable Edmond! ta fortune est anéantie, ta santé altérée, toute ton existence compromise; ta propre mère te repousse, ta femme que tu as si cruellement traitée, ne t'aime plus! Que te reste-t-il? De l'esprit, du courage? qu'ils te soutiennent à travers les périls que tu vas chercher! Si la fortune te favorise, tu peux tout retrouver, hors mon coeur que tu as perdu sans retour : mais si dans cette vie nous devons être à jamais désunis, à jamais séparés, que la mort du moins ne nous surprenne pas dans une attitude ennemie !
Source : Gallica

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