Marie de Besneray

Élements biographiques

Marie de Besneray,  Nadine (1884)

“ Le comte Horace passait ses après-midi sur une chaise longue.
Dès l'arrivée de Guy à Paris, une explication orageuse avait eu lieu entre le père et le fils.
Horace savait les événements de Moscou; sa volonté bien arrêtée, irrévocable, était de briser, peu importe par quel moyen, ce mariage qu'il jugeait déshonorant.
Vaincu comme de coutume, blessé des prétentions excessives du comte, le jeune homme, pour étourdir un chagrin cuisant, se jeta dans le tourbillon parisien. Bientôt le jeu, une passion dont on ne guérit pas, le reprit et le posséda jusqu'à la frénésie.
”
Source : Gallica

Marie de Besneray,  Nadine (1884)

“ Hélas!
elle vivrait toujours, toujours sans amour! Un frisson la secoua, un désir la prit. Quoi! sa tendresse n'était donc pas morte? Instinctivement, elle se tourna vers le comte, prête à parler.
Au mouvement qu'elle fit, il leva les yeux et l'examina une seconde, mais sans la voir ellemême, comme s'il cherchait sur son visage les traits d'une autre. Une larme mouilla les paupières brûlées de madame Moroy ; pour la première fois depuis bien des années, elle pleura sur cette belle Youlie de la Salenka qui avait eu foi, la pauvre fille, dans l'amour d'un homme.
”
Source : Gallica

Marie de Besneray,  Nadine (1884)

“ Je ne suis ni millionnaire ni de son monde.
— Vous recevrez, chère madame, l'accueil que vous méritez, que vous avez droit d'exiger de tous.
Là-dessus, Savinien s'éloigna.
M. et madame Damaze se trouvaient à une faible distance; lui, sérieux, affable, ses puissantes épaules un peu à l'étroit dans sa redingote noire, étoilée, à la boutonnière, d'un ruban rouge; elle, frêle, l'œil dur, la bouche
ironique du comte Horace son père, avec ce teint blafard des blondes qui vieillissent.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature