“ Oui, pour vous, dit Nadine, et pour moi, le malheur ! Vous revivrez de l’un, et je mourrai de l’autre. Et à nos deux bonheurs, vous préférez le vôtre, Et voulez que je mente et que je dise non À tous les rêves bleus qui ont ri sur mon front ! Ne plus l’aimer ! Lui, Pierre, auquel mon être aspire Comme au soleil les fleurs, comme au port le navire ! Je comprends maintenant ! Je ne suis rien pour vous Qu’un jouet qu’un enfant brise sous ses genoux Et des bris de mon cœur renaîtra votre joie. ”
Nadine
Définition et enjeux
Le thème de Nadine incarne une figure féminine complexe, abordée par plusieurs auteurs sous des angles divers. Fritz Masoin, par exemple, la présente comme une héroïne tragique, plongée dans le désespoir amoureux et l’acceptation de son sort, tandis que Marie de Besneray met en lumière ses contradictions entre passion et maturité.
Jeanne Marais, en revanche, la place dans un cadre social, soulignant son apparence et ses dilemmes. Ces interprétations, riches de nuances, révèlent une figure centrale au cœur d’une constellation de personnages liés, tels que Nicole ou Irène, reflétant des préoccupations universelles de l’âme humaine.
Citations sur “Nadine”
“ Et il lui prit la main. Mais Nadine à voix douce Et le regard humide ainsi que de la mousse Aux matins de rosée, ayant mis dans son œil Tous ses rêves éteints et leur robe de deuil Lui dit : Lui dit : — Non, Pierre ; enterrons nos amours défuntes : Je ne puis être à toi ! Regarde-moi : j’emprunte À l’âge des sillons qui ont ridé mon front, Je suis vieille et flétrie ainsi que le seront Les feuilles de ce bois aux approches d’automne. La jeunesse et l’amour ont la même couronne, Puis-je encor la poser sur mes tempes d’hiver ? ”
Marie de Besneray, Nadine (1884)
“ Nature vivace et franche, Nadine paraissait faite pour le bonheur; elle était passionnée, mais avec moins de fougue, d'obstination et d'énergie que sa mère. Depuis une semaine, sa tête blonde s'inclinait souvent sur sa poitrine, et elle rêvait, le regard perdu sur l'horizon brumeux. Si par hasard madame Damaze, au bras du comte de Savergny, passait sur les planches, elle s'éveillait en sursaut, attendant avec une angoisse chaque fois renaissante un signe de bienveillance. ”
