Pétrus Borel 

Élements biographiques

Pétrus Borel  L’Obélisque de Louqsor

Qu’on amène ici un superbe cheval arabe, la plus belle créature de Dieu, le plus bel être ; nul ne détournera seulement la tête pour le voir : qu’on amène une girafe, ridicule animal, la multitude se lèvera aussitôt, accourra en masse sur son passage, et son entrée sera un triomphe. Qu’on importe une œuvre de Michel-Ange, qui s’en occupera, qui se détournera pour la voir ? Mais qu’on importe un obélisque, la multitude se ruera à l’entour. Un obélisque, c’est une girafe de pierre : votre obélisque aura beaucoup de succès !
Source : Wikisource

Pétrus Borel  L’Obélisque de Louqsor

Comme art, comme exécution, comme invention, comme galbe, comme effet, c’est un monument laid et nul. Voulez-vous donner une idée avantageuse des Égyptiens et de leur génie ? Pourquoi donc alors choisir entre leurs œuvres une borne ? car, vous savez touts aussi bien que moi, et mieux que moi, car vous êtes des savants, qu’un obélisque n’était point un monument, mais une grande borne placée vis-à-vis des temples ou des palais, pour y inscrire tout du long les noms et prénoms des fondateurs, des agrandisseurs, et des restaurateurs de ces palais ou de ces temples.
Source : Wikisource

Pétrus Borel  L’Obélisque de Louqsor

Tout votre bruyant étalage d’affection pour l’art et l’antiquité n’est qu’une impudente parade. Si vous aviez réellement quelque sentiment du bien et du beau, repousseriez-vous les Raphaël, les Rembrandt ou les Andrea del Sarte qu’on vous offre pour vos galeries ? Laisseriez-vous disperser les collections des chefs-d’œuvre des maîtres, et souffririez-vous que l’étranger en fit sa proie ? Vous n’avez que des sentiments feints et faux. Votre cœur n’a jamais battu sous les voûtes d’un temple
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature