Résumé

Pétrus Borel ,  L’Obélisque de Louqsor

“ Qu’on amène ici un superbe cheval arabe, la plus belle créature de Dieu, le plus bel être ; nul ne détournera seulement la tête pour le voir : qu’on amène une girafe, ridicule animal, la multitude se lèvera aussitôt, accourra en masse sur son passage, et son entrée sera un triomphe. Qu’on importe une œuvre de Michel-Ange, qui s’en occupera, qui se détournera pour la voir ? Mais qu’on importe un obélisque, la multitude se ruera à l’entour. Un obélisque, c’est une girafe de pierre : votre obélisque aura beaucoup de succès ! ”
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Pétrus Borel ,  L’Obélisque de Louqsor

“ Comme art, comme exécution, comme invention, comme galbe, comme effet, c’est un monument laid et nul. Voulez-vous donner une idée avantageuse des Égyptiens et de leur génie ? Pourquoi donc alors choisir entre leurs œuvres une borne ? car, vous savez touts aussi bien que moi, et mieux que moi, car vous êtes des savants, qu’un obélisque n’était point un monument, mais une grande borne placée vis-à-vis des temples ou des palais, pour y inscrire tout du long les noms et prénoms des fondateurs, des agrandisseurs, et des restaurateurs de ces palais ou de ces temples. ”
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Pétrus Borel ,  L’Obélisque de Louqsor

“ Tout votre bruyant étalage d’affection pour l’art et l’antiquité n’est qu’une impudente parade. Si vous aviez réellement quelque sentiment du bien et du beau, repousseriez-vous les Raphaël, les Rembrandt ou les Andrea del Sarte qu’on vous offre pour vos galeries ? Laisseriez-vous disperser les collections des chefs-d’œuvre des maîtres, et souffririez-vous que l’étranger en fit sa proie ? Vous n’avez que des sentiments feints et faux. Votre cœur n’a jamais battu sous les voûtes d’un temple ”
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