Auguste Brizeux

Auguste Brizeux

Résumé

Portrait de Auguste Brizeux Auguste Brizeux Revue des Deux Mondes

On lutte plus long-temps ; sous une robe noire
On a peur d’étouffer tout amour, toute gloire ;
On se confie au temps, à ses amis, au sort ;
Quelquefois en secret on espère en la mort ; —
Quand tout fait faute, heureux qui sur toi se replie,
Ô Résignation, grande et sainte folie !
Hélas ! je sais au monde, au milieu de nous tous,
Des êtres que le sort a brisés de ses coups ;
Cœurs résignés aussi, mais sans foi, sans extase,
Sans qu’un rayon d’en-haut les touche et les embrase
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Portrait de Auguste Brizeux Auguste Brizeux Revue des Deux Mondes

L’histoire des Lo’-Christ, vous me l’avez promise !
Comtesse du Barri, versez-nous du tokay ;
Versez aux morts, comtesse, ils ont place au banquet.
— Si j’en crois les Bretons, fit sans tarder le prince,
Les morts plus qu’aucun lieu visitent leur province,
Et surtout les Lo’-Christ, vieux noms très avoués,
D’une seconde vue étrange sont doués :
Chacun, quand doit s’ouvrir sa dernière demeure,
Un mois d’avance apprend le jour précis et l’heure.
Un de ces loups de mer si communs autrefois
Qui, leur poil grisonnant, vont courir dans les bois.
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Portrait de Auguste Brizeux Auguste Brizeux Revue des Deux Mondes

Troubler qui ne peut rien emporter avec soi,
Hors quelques vers écrits dans le dernier délire ?
Le poète aujourd’hui n’a plus même une lyre...
Il chante cependant! Loyal dispensateur,
Son vers sacre le bon, flétrit le malfaiteur :
O vers, soyez bénis, vers trempés dans nos larmes !
Arme noble et puissante entre toutes les armes,
Belle arme protectrice, aux champs, dans la cité,
Je te porte toujours vibrante à mon côté !
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