Benjamin Rabier

Résumé

Benjamin Rabier,  Dites-nous votre fable (1932)

“ Des hôtes de la métairie Nous sommes seuls à nous traiter si mal : Bœufs et chevaux partagent l'écurie, Et l'oie et le dindon sont un même animal.
Laissons aux habitants des déserts et des jungles Des cruautés qu'ici le progrès nous défend.
Limez vos crocs, je limerai mes ongles, Et ces combats de tigre et d'éléphant Ne seront plus que jeux d'enfants.
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Dites-nous votre fable (1932)

“ Un cerf tient en échec dix renards ou trois loups.
Quant à le prendre à l'improviste, Il faut encor moins y songer : L'animal perçoit-il le bruit le plus léger, En quatre bonds il vous dépiste.
Le renard Laissez-moi faire cependant.
Nous mettrons en commun, si vous voulez me croire, Moi, ma ruse, et vous, votre dent, Et je réponds de la victoire.
Le voici!. Cachez-vous au fond de ce fourré.
Pendant que je disputerai, Pour frapper, choisissez l'endroit et la seconde.
Le loup se cache, le renard sort de son trou et va au-devant du cerf.
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Dites-nous votre fable (1932)

“ Le pigeon voyageur Je suis porteur d'un billet précieux Pour des hommes qui font la guerre :
LE PIGEONNIER
Je vais Je leur remettre, et, sans m'arrêter guère, Je volerai sous d'autres cieux.
Ah! mon bon villageois, vous ouvrez de grands yeux Émerveillé par tant d'audace!
Vous-même, que de fois, dans le vallon natal, N'avez-vous pas souffert de cet étrange mal : Le besoin de changer de place!
le pigeon sédentaire Il est vrai! — Chemineau des airs, Je vous admire et vous envie!
Vous le voyez, l'amour m'a mis aux fers : Combien plus belle est votre vie!
”
Source : Gallica

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