Benjamin Rabier

Résumé

Benjamin Rabier,  Jeannot-lapin et Cie (1913)

“ Le vieux lapin revint près de moi et me dit : - Tu vois, petit, dans la vie, une tête sympathique, c'est tout !
La soirée s'éternisait et j'attendais avec impatience qu'une première étoile apparaisse. Dès que je vis le ciel s'assombrir, je m'en fus tailler un roseau bien frêle que j'adaptai au bout de ma queue. A mes oreilles je fis un nœud, et me penchai sur l'eau d'un baquet pour juger, en me mirant dans l'eau, de l'effet produit.
Admirable transformation! J'étais devenu un chat de gouttière parfait !
Perché sur un mur, j'entendais Létouffé qui criait : — Eh ! la Denise !
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Jeannot-lapin et Cie (1913)

“ Ma tête se
tortura une seconde et voici ce que je trouvai : j'enroulai la fourrure autour de mon corps; et, debout sur
mes pattes de derrière, je me mis à marcher droit à lui. Je donnais
l'impression d'un être si bizarre que l'homme prit la fuite en criant : « C'est le Laocoon ! »
Et comme il est dans l'esprit des bêtes (comme dans celui des gens) de faire à autrui ce qu'on déteste qu'on vous fasse, je pris un amusement énorme à effrayer de bien inoffensifs petits mulots, et à traîner mon serpent à poils partout où je savais faire sur quelque animal
une impression désagréable.
”
Source : Gallica

Benjamin Rabier,  Jeannot-lapin et Cie (1913)

“ A mes pattes, je vis mes deux oreilles toutes teintées de sang !
En fauchant son blé, le propriétaire du champ avait dirigé sa faux de mon côté, sans le savoir, et je n'avais
pas eu le temps de baisser ma tête!. Un peu de plus et j'étais guillotiné !
Un lapin sans oreilles, c'est un Américain sans argent, c'est un soldat sans fusil !. Et c'est très laid, je vous le dis tout de suite.
Je domptai la souffrance, pansant moi-même mes plaies et les guérissant avec des
sucs de plantes, dont seuls les habitants des forêts ont le secret.
”
Source : Gallica

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