“ Pour donner un sens à la vie, vivons-la de toutes nos forces. La morale mystique, cette morale d’esclaves qui renaît à chaque décadence, inspire en art des œuvres antinaturelles, maladives, « névrosées », comme se plaît à le répéter Nietzsche. Il y a une esthétique de décadence, née des morales de décadence, et qu’il faut combattre comme elles. Cette esthétique est celle de Wagner. Nietzsche avait cru en Wagner tant qu’il avait été shopenhauérien ; mais du jour où ses yeux s’ouvrirent à la vie et qu’il reprit confiance devant la nature, la musique de Wagner lui apparut comme un danger public. ”
Collectif
Résumé
Le Banquet, collectif d’auteurs, explore les tensions entre les codes moraux des maîtres et des esclaves, en s’appuyant sur les réflexions de Nietzsche. Ce texte critique les doctrines décadentes, comme la morale chrétienne ou bouddhique, qui dénient la valeur de la vie, et défend une éthique valorisant la force vitale et la supériorité des êtres puissants.
À travers des citations emblématiques, il oppose la vénération de la vie à la pitié, soulignant l’importance d’une vision morale exaltant l’individu. L’œuvre, riche de références philosophiques, incarne une réflexion sur la décadence et la renaissance de l’âme humaine.
Citations de Le Banquet (Collectif)
“ « Wotan m’a mis un cœur dur dans la poitrine », est-il dit dans une vieille saga Scandinave, chantant ainsi dignement l’âme d’un fier wiking. Une telle espèce d’hommes met sa fierté à ne jamais être un objet de pitié : et le héros de la Saga ajoute cette maxime : « Celui qui, jeune, n’a pas un cœur dur, n’aura jamais un cœur dur. » Les hommes supérieurs et héroïques qui pensent ainsi sont aussi éloignés que possible de cette morale qui voit justement dans la pitié, dans l’action charitable, dans le désintéressement le signe de la moralité. ”
“ L’homme supérieur a conscience de lui-même comme d’un vivant critère de la valeur morale ; il n’a pas besoin de se faire approuver, il décide : « Ce qui m’est mauvais, est en soi mauvais. » Il sait que c’est lui surtout qui honore les choses : il crée la valeur morale. Tout ce qu’il connaît comme sien, il l’honore : une telle morale est l’exaltation de soi-même. ”
