B. Jeannine, Un Moraliste à rebours
“ Puis, considérons les effets de la pitié, selon Nietzsche. Rien n’est démoralisant comme la pitié, aussi bien pour celui qui l’éprouve que pour celui qui l’inspire. Ce dernier s’en trouve diminué, humilié. Nos souffrances véritables, profondes et intimes resteront toujours lettre close pour un autre. Ce que nous en laissons voir en est la partie la moins digne, la moins noble. La pitié déshabille, pour ainsi dire, le malheureux. Avec une légèreté et une indiscrétion révoltante, le compatissant s’évertue à jouer le rôle du destin dans la vie d’un autre. ”
