Michel Arnauld

Résumé

Michel Arnauld,  La Revue blanche

“ La grandeur tragique n’éclot que dans l’état dyonisien, quand l’être s’abandonne, redevient instinctif et danse, comme un enfant, sur sa propre vertu. Mais à quel moment la contrainte sera-t-elle assez intense, assez enracinée, pour que l’abandon ne soit plus faiblesse ? Ce moment viendra-t-il jamais ? Et l’abandon même est-il désirable ? La pleine puissance de la force, sa plus haute valeur tragique ne se trouverait-elle pas dans la contrainte même ? — Voilà le problème, l’important problème qui nous est laissé. Le conflit entre la nature et la culture, demeure chez Nietzsche irrésolu. ”
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Michel Arnauld,  La Revue blanche

“ Oui, le Devenir est innocent ; il n’y a pas de fins en soi, l’individu n’a pas de but prescrit. Mais par cela seul qu’il existe comme tendance, comme résultante de tendances, son action suit une direction déterminée, et par là crée l’image d’un but ; sa constitution, ses instincts opèrent une distribution des valeurs. De là naîtra l’illusion, s’il exige que l’univers ratifie ses notions de bien et de mal. Mais de là naîtra la beauté tragique, s’il se veut tel qu’il est, dans l’univers tel qu’il est, s’il veut à la fois sa vie, et ce qui détruit sa vie ”
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Michel Arnauld,  La Revue blanche

“ Nietzsche poète — et pourquoi pas Rousseau ? La notion de poésie s’est singulièrement altérée, puisque nous en venons à confondre sous le même nom de lyrisme, et ce qu’on appela toujours ainsi : le chant rythmique — prose ou vers — jouant avec des images concrètes, et ce qui proprement est l’éloquence : l’affirmation pathétique d’une intelligence et d’une volonté. Nietzsche n’emploie les images qu’à signifier des idées ; il ne crée pas de types humains : même Zarathustra n’est qu’un symbole, que la pensée abstraite déborde de toutes parts. Nietzsche n’est pas un poète. ”
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